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lô le gunners

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  1. Dopage financier: comment l'UEFA a ruiné sa procédure contre Manchester City Condamné en première instance par l'UEFA pour le plus gros dopage financier de l'histoire du foot, Manchester City a été relaxé en appel. L'UEFA a commis une étrange série d'erreurs qui ont sabordé sa propre procédure, en renonçant notamment à obtenir des documents accablants pour le club, que nous révélons aujourd'hui. C’est une victoire inespérée pour Manchester City, et une sévère défaite pour ceux qui rêvent d'un football plus équitable. En février dernier, l’UEFA avait banni le club anglais de la Ligue des champions pour deux ans pour violation du fair-play financier, les règles édictées par la fédération européenne de football afin d’empêcher les clubs de fausser les compétitions en dopant artificiellement leurs revenus. Mais le 12 juillet, la sanction a été annulée en appel par le tribunal arbitral du sport (TAS). L’affaire semblait pourtant imperdable pour l’UEFA, qui avait ouvert une enquête à la suite des révélations publiées en novembre 2018 par Mediapart, Der Spiegel et nos partenaires de l’EIC grâce aux documents Football Leaks. Nous avions démontré, grâce à des courriels et documents internes, que le cheikh Mansour d’Abu Dhabi, propriétaire de City, avait injecté 2,7 milliards d’euros d’argent émirati dans le club, dont des centaines de millions grâce à des contrats de sponsoring surévalués entre le club et des entreprises d'Abu Dhabi, dont la plus grande partie était en réalité payée en sous-main par la holding personnelle du cheikh Mansour. La fraude de Manchester City est « de loin la plus importante violation des règles » du fair-play financier jamais portée à sa connaissance, a reconnu l’UEFA lors de la procédure. La fédération européenne a donc demandé au TAS d’infliger une « punition » exemplaire aux Skyblues, afin de « protéger l’intégrité de la Ligue des champions », « dissuader » d’autres fraudeurs de faire la même chose, et « rendre justice » aux clubs honnêtes, qui ont « souffert de l’avantage indu » que s’est octroyé City en se dopant aux pétrodollars. L’analyse de la sentence arbitrale de 93 pages, publiée lundi soir, montre toutefois que les actes de l’UEFA lors de l'appel devant le TAS semblent en décalage avec son discours très offensif. La fédération européenne a en effet commis une série de bourdes et pris des décisions qui semblent contraires à ses intérêts, qui ont grandement aidé City à remporter la victoire. L'UEFA a commencé par accepter que Manchester City choisisse deux des trois arbitres. Au final, le club a gagné à la majorité de deux contre un. C'est toujours à deux voix contre une que les arbitres ont donné tort à l'UEFA sur la prescription, mais aussi qu'ils ont exigé un très haut niveau de preuves. La majorité des arbitres a estimé qu'il ne suffisait pas que les dirigeants de City décrivent la fraude dans des courriels. Ils ont exigé que le financement caché des sponsors par Abu Dhabi soit confirmé par les sponsors eux-mêmes, ou que l'UEFA retrouve la trace des transferts de fonds. Ce second type de preuve était impossible à obtenir, puisqu'il aurait fallu accéder aux comptes des sponsors, sur lesquels l'UEFA n'a aucune autorité. Le TAS a estimé au final par deux voix contre une qu'une partie des infractions étaient prescrites, et que l’UEFA n’a pas apporté suffisamment de preuves pour celles qui ne l’étaient pas. Pourtant, des éléments non prescrits et impliquant directement les sponsors existaient dans les Football Leaks, comme le montrent de nouveaux documents que nous révélons aujourd’hui. Mais l’UEFA a, de façon inexplicable, renoncé au dernier moment à demander ces preuves, alors que City avait l’obligation de les fournir. Ce qui a grandement contribué à la victoire du club. L’attitude de l'UEFA est d'autant plus problématique qu’on retrouve le même schéma avec le PSG, qui avait lui aussi massivement fraudé le fair-play financier, mais a été sauvé par le TAS pour vice de procédure. La fédération européenne avait alors renoncé à contester cette décision alors que ses chances de gagner étaient jugées importantes en interne, selon une enquête du New York Times. Bref, l’UEFA a appliqué sa philosophie habituelle : forte avec les faibles, faible avec les forts. L’affaire de Manchester City consacre le fait que le fair-play financier est devenu un système à deux vitesses : seuls les clubs petits et moyens sont sanctionnés, tandis que les clubs les plus riches et influents peuvent continuer à se doper financièrement en toute impunité, alors même que leur domination sur le terrain n’a jamais été aussi écrasante. Contactée par Mediapart, l’UEFA a refusé de répondre à nos questions factuelles au motif que la procédure devant le TAS est « confidentielle », mais dément fermement avoir fait exprès de blanchir City : « Il est totalement inacceptable de suggérer que l’UEFA n’a pas férocement défendu » sa position. La fédération européenne de foot indique qu'elle n'est « pas satisfaite du résultat » et qu'elle a « investi des ressources considérables en argent, en temps et en énergie » pour tenter de faire condamner City. Pour comprendre, il faut revenir à nos révélations issues des Football Leaks du 5 novembre 2018 sur le dopage financier de City. Peu après la parution, l’UEFA se contente de demander des explications au club. La fédération européenne n’a jamais demandé les documents au lanceur d’alerte Rui Pinto, à l’origine des Football Leaks, poursuivi au Portugal, notamment pour piratage informatique présumé. Cette décision est absurde. L’UEFA a en effet plaidé par la suite devant le TAS que, vu l’ampleur de la fraude présumée, les documents étaient parfaitement admissibles, même s'ils avaient été piratés. Le TAS a jugé que l’UEFA avait raison. Il n’y avait donc aucune raison de ne pas demander les documents à l’homme qui les avait obtenus. Le 2 mars 2019, notre partenaire Der Spiegel publie une suite de l’enquête, illustrée par six courriels originaux issus des Football Leaks, dans lesquels les dirigeants de City écrivent que la société du cheikh Mansour verse en sous-main aux sponsors la majorité des sommes qu’ils paient au club. C’est la publication de ces documents qui décide enfin l’UEFA à ouvrir, cinq jours plus tard, une enquête interne. Mais l’Instance de contrôle financier des clubs (ICFC), le tribunal financier de l’UEFA, choisit de se baser uniquement sur les six courriels reproduits par Der Spiegel, ignorant les autres documents cités dans nos précédents articles. L’UEFA a donc décidé sciemment d’attaquer l’un des clubs les plus riches et les plus procéduriers du monde avec des mails accablants mais peu nombreux, et qui risquaient d'être prescrits. En matière de fair-play financier, la prescription est de cinq ans, ce qui signifie qu’il faut prouver que City a fraudé après mai 2014. L’UEFA ne pouvait pas l’ignorer, puisqu’elle a elle-même fixé ce délai. Or cinq des six courriels datent d’avant 2014. Le TAS a reconnu que Manchester City a fraudé en 2013, en inscrivant dans ses comptes comme des revenus de sponsoring un virement en fait versé par un individu ou une entité d'Abu Dhabi (qui n'est pas nommé dans la sentence arbitrale), sur instruction de la société du cheikh Mansour. L'UEFA a plaidé que ce n'était pas prescrit, car les comptes trafiqués lui ont été soumis une seconde fois en 2014. Mais le TAS lui a donné tort, toujours par deux voix contre une. L’UEFA avait un autre atout maître, qui aurait pu lui permettre de gagner. Mais elle y a subitement renoncé. Comme d’habitude dans le sport, les affaires se règlent devant une justice privée, où il n’y a ni policiers ni perquisitions. Pour compenser cela, le règlement de l’UEFA prévoit que les clubs mis en cause ont l’obligation de coopérer, en fournissant les documents demandés par l’ICFC, son tribunal financier interne. En première instance, l’ICFC avait demandé au club de nombreux documents, dont d’autres e-mails liés aux opérations de sponsoring, ainsi que l’accès aux documents financiers des sponsors de City et de la société du propriétaire du club. Manchester City a refusé. Dans ce cas, comme l’a rappelé le TAS dans sa sentence, City était présumé de mauvaise foi. Si un club refuse une demande raisonnable de produire des documents, les arbitres peuvent en effet en déduire que c’est parce qu’il dissimule des preuves incriminantes pour lui. À la veille du procès en appel devant le TAS, l’UEFA est donc dans une position favorable. D’autant plus que son propre règlement stipule que le TAS peut juger uniquement sur la base des élément produits en première instance. Le refus du club de produire des documents était donc normalement définitif, tout comme sa mauvaise foi. Mais l’UEFA prend alors deux décisions contraires à ses intérêts. Elle autorise City à produire de nouveaux éléments, alors que son propre règlement l’interdit. Le club en profite pour produire les témoignages de ses dirigeants et de ses sponsors, qui jurent qu’aucune fraude n’a été commise. Mais côté documents, City ne verse que les six courriels déjà publiés par le Spiegel… en version partiellement censurée. C’est-à-dire rien de neuf. De son côté, l’UEFA avait demandé, comme en première instance, que le club produise des courriels supplémentaires. Mais juste avant l’audience elle y a renoncé, officiellement parce que cela ralentirait la procédure et qu’il fallait absolument un verdict d’ici à l’été 2020, avant l’ouverture de la prochaine Ligue des champions. L’argument est très discutable : puisque la fraude de City durait depuis huit ans, l’UEFA aurait très bien pu attendre une saison de plus. Ce renoncement de l’UEFA a eu des conséquences catastrophiques. Le TAS a souligné dans son jugement que City a tout fait pour ne pas donner les documents, à tel point qu’il a condamné le club à 10 millions d’euros d’amende pour refus de coopérer. Mais comme l’UEFA a renoncé à demander les preuves, les arbitres écrivent qu’ils ont été obligés de considérer que le club était de bonne foi dans la procédure principale pour dopage financier. « Il apparaît que l’UEFA était consciente des conséquences du fait qu’elle n’insiste pas sur le fait que Manchester City produise des preuves supplémentaires », insiste la sentence arbitrale. En clair, l’UEFA a fait un très beau cadeau au club. Cette absence de documents a beaucoup frustré Noel Lindsay, l’expert financier désigné par l’UEFA pour tenter de démontrer la fraude de City. « Je ne suis pas satisfait de ce qu’on m’a montré, car j’ai le sentiment qu’on ne m’a montré que la partie émergée de l’iceberg », a-t-il indiqué devant le TAS. Au sujet des paiements qu’aurait faits le cheikh Mansour pour le compte du sponsor Etihad, « on a eu de gros problèmes, car on ne nous a pas fourni les e-mails et les documents qui auraient permis de comprendre le contexte de ces transactions », a-t-il déploré. Interrogée à ce sujet, l’UEFA s’est refusée à tout commentaire au sujet de ses décisions, au motif que « la procédure devant le TAS est confidentielle ». « La base factuelle de vos questions est inexacte. L’UEFA a utilisé tous les arguments possibles pour faire aboutir son dossier », s’est contentée de nous répondre la fédération européenne de foot. Sauf que l’UEFA a bien renoncé à demander les documents à City, comme le TAS l’a écrit noir sur blanc. Il y avait pourtant, dans les courriels internes du club, de nouveaux éléments à charge, y compris sur la période non prescrite et sur l'implication des sponsors. C’est ce qu’ont constaté Mediapart et Der Spiegel après de nouvelles recherches dans les documents Football Leaks. Dans ces documents inédits, les dirigeants de City confirment que les sponsors ont été financés en sous-main par ADUG, la holding du cheikh Mansour, propriétaire du club et demi-frère de l’émir d’Abu Dhabi. Le 6 mars 2015, Jorge Chumillas, le directeur financier de Manchester City, écrit à l’un des administrateurs du club, Simon Pearce, à propos des 64,5 millions de livres sterling que doit verser par Etilasat l’un des sponsors émiratis du club. « Etilasat doit verser seulement 34,5 millions de livres à Manchester City Football Club. Le reste correspond au montant que ADUG doit “recouvrer” des paiements qu’ADUG a faits par le passé au nom d’Etilasat. » Simon Pearce affirme d’ailleurs, dans d’autres échanges avec Chumillas, qu’on « fait ce qu’on veut » avec les sponsors, et qu’il a toute latitude pour mobiliser les fonds du cheikh Mansour : « Je suis devenu de facto le directeur général d’ADUG, et toi son directeur financier de facto », écrit-il au directeur financier de Manchester City. Les nouveaux e-mails que nous avons découverts montrent aussi, pour la première fois, que des sponsors de City semblent avoir été financés en secret sur instruction d’une agence gouvernementale d’Abu Dhabi, c’est-à-dire sur ordre des autorités de l’émirat. Car le rachat de City en 2008 n’est pas seulement une lubie du cheikh Mansour, mais un projet politique destiné à faire briller l’image de l’émirat d’Abu Dhabi, comme le Qatar l’a fait avec le PSG. Deux des hommes clés du club sont des proches du prince héritier Mohammed Ben Zayed Al-Nahyane, dit « MBZ ». Considéré comme le véritable patron de l’émirat, MBZ est président du Conseil exécutif d’Abu Dhabi, c’est-à-dire premier ministre. Il dispose, pour le conseiller dans cette tâche, d’une agence gouvernementale qui ne répond qu’à lui : l’Executive affairs authority (EAA). En avril 2011, un cadre de la compagnie aérienne Etihad écrit à des cadres de City que sur les 12 millions dus au titre du sponsoring, « l’engagement d’Etihad ne porte que sur 4 millions de livres » : « Le solde (8 millions de livres) est géré séparément par l’Executive affairs authority. Merci de clarifier ce point avec votre service comptabilité et de voir directement avec l’EAA. » Le sponsoring de Manchester City par Etihad a-t-il été financé en sous-main par le gouvernement d’Abu Dhabi ? Contactés, la compagnie aérienne et l’EAA n’ont pas donné suite. Il se trouve que le président de l’EAA, Khaldoon Al Mubarak, est aussi le patron de Manchester City. Tandis que Simon Pearce, administrateur de City et responsable des relations avec les sponsors, est aussi le « directeur des affaires stratégiques de communication » de l'EAA. Lorsqu’il écrit aux sponsors du club, il ne le fait pas au nom de Manchester City, mais en tant que cadre d’EAA, depuis son adresse e-mail de l’agence gouvernementale d'Abu Dhabi. Dans l’un des e-mails que nous avions révélés en 2018, versé à la procédure devant le TAS, Pearce écrivait au PDG d’Aabar, l’un des sponsors émiratis de City, qu’il n’avait que 3 millions de livres à payer au club, que les 12 millions supplémentaires seraient payés par « des sources alternatives fournies par son altesse ». Lors de son audition devant le TAS, Pearce a indiqué que l’altesse en question était le patron de l’agence de tourisme d’Abu Dhabi, qui était à l’époque prête à subventionner les sponsors de City, mais que l’opération ne s’est finalement pas réalisée. Au sujet d’Etihad, Simon Pearce a admis que les courriels versés au dossier ont pu créer de la « confusion » au sein du club, en laissant penser qu’une partie de l’argent payé par les sponsors venait du cheikh Mansour. Mais il assure que ce n’était pas le cas. Plusieurs e-mails contredisent cette ligne de défense. Le 16 décembre 2013, Simon Pearce écrit au PDG d’Etihad Peter Baumgartner pour lui dire que la compagnie aérienne doit à Manchester City « 99 millions de livres, sur lesquels tu dois fournir 8 millions ». En clair, Pearce devait virer 91 millions d’argent émirati à Etihad, qui devait par la suite ajouter 8 millions de sa poche puis verser 99 millions au club Mais Simon Pearce a fait une erreur. « C’est embarrassant, mais il semble que je ne t’ai pas donné assez, écrit-il au PDG d’Etihad. Alors que j’aurais dû te virer 91 millions, je ne t’en ai envoyé que 88,5 millions. Je te dois donc 2,5 millions. » L’administrateur de City et cadre de l’agence gouvernementale EAA propose deux solutions au patron d'Etihad pour réparer cette erreur. « Pas de problème », répond Peter Baumgartner, en lui indiquant sa solution préférée. Le système a semble-t-il perduré. Le 24 août 2015, un cadre de City écrit que sur les 67,5 millions de livres dus par Etihad au titre de la saison 2015/2016, il y a seulement « 8 millions financés directement par le partenaire ». Cela chagrine un contrôleur financier du club. « Pouvez-vous m'expliquer ce que signifie “financé directement par le partenaire” ? » Il n’a, à notre connaissance, pas reçu de réponse. Interrogés par Mediapart et Der Spiegel, Simon Pearce, Etihad, Peter Baumhartner et l’EAA n’ont pas donné suite. Manchester City a refusé de répondre à nos questions sur les faits, mais dément fermement toute irrégularité: « [Vos] questions [...] apparaissent comme une tentative cynique de rejuger et de discréditer une affaire qui a été jugée de façon détaillée et régulière par le tribunal arbitral du sport. La politique de Manchester City reste inchangée, et consiste à ne pas commenter des documents sortis de leur contexte, dont il est soupçonné qu'ils ont été obtenus de façon illégale. » https://www.mediapart.fr/journal/international/300720/dopage-financier-comment-luefa-ruine-sa-procedure-contre-manchester-city?utm_source=20200730&utm_medium=email&utm_campaign=QUOTIDIENNE&utm_content=&utm_term=&xtor=EREC-83-[QUOTIDIENNE]-20200730&M_BT=135393249294
  2. @Arno un match sur 2 il nous coûte un but ; statistiquement c'est un fait je ne vais pas m'enflammer pour sa prestation dans une défense à 5 face à un pool en petite forme en Carabao Cup ... J'attends plus d'un gars de 60 boules ; surtout que derrière il y a Mavro et Saliba qui vont venir le bousculer (enfin si ils reviennent au club suite à leur gestion justement suite à l'investissement White ...) Une fois dit cela, il a fait un très bon match dans un contexte particulier, oui
  3. Football et décolonialisme: au Brésil, dribbler la domination blanche Du pionnier Arthur Friedenreich, premier footballeur noir admis en sélection nationale, aux soulèvements des supporters ultras contre la Coupe de monde en 2014 ou plus récemment contre Jair Bolsonaro, l’histoire du futebol est intimement liée à la volonté d’émancipation et de reconnaissance des descendants d’esclaves. Ce 29 mai 1919, à Rio de Janeiro, un soleil de plomb écrase le stade de Laranjeiras. Les jambes épuisées des vingt-deux footballeurs semblent s’enfoncer dans la pelouse grasse. Depuis maintenant près de deux heures, la rencontre n’arrive pas à départager qui du Brésil ou de l’Uruguay remportera le championnat sud-américain de football, ancêtre de la Copa América. Soudain, le Brésilien Arthur Friedenreich frappe la balle qui part s’engouffrer dans les buts adverses. Les tribunes exultent : le Brésil vient de remporter son premier titre international. Un malaise traverse pourtant les gradins. L’artisan de cette victoire historique est métis. Arthur Friedenreich est en effet le fils d’un businessman allemand et d’une Brésilienne à la peau noire (en voir plus ici). Introduit au Brésil en 1894 par le fils d’un ingénieur britannique des chemins de fer, le football est officiellement réservé à la bourgeoisie blanche en ce début de XXe siècle. Les Noirs, les Métis et les Amérindiens sont exclus de toute compétition. Toutefois, à Campinas, une cité ouvrière de l’État de São Paulo, naît en 1900 le club Ponte Preta qui rassemble des travailleurs non-blancs des chemins de fer. En 1907, dans la banlieue de Rio, le Bangu AC, club de l’usine locale, accueille des footballeurs-ouvriers noirs et se voit de facto prohibé de championnat carioca. Dans le sud du pays, à Porto Alegre, les joueurs noirs, interdits de s’inscrire dans les clubs blancs, mettent sur pied leur propre ligue autonome, la Liga Nacional de Futebol Porto-Alegrense vite surnommée péjorativement la Liga das Canelas Pretas (Ligue des Tibias Noirs). Son premier championnat est organisé le 13 mai 1920, date anniversaire de l’abolition de l’esclavage au Brésil. « Dans cette ligue, l’apprentissage du football a été indépendant, plus ludique et plus intense, ce qui a conduit les Noirs et les pauvres, en général, à jouer encore mieux que l’élite bourgeoise », explique l’historien José Antônio dos Santos. Dans les grands clubs blancs, quelques rares Métis font leur apparition sous contrainte de masquer leur afro-brésilianité. Quand, en 1914, le premier footballeur métis, Carlos Alberto, rejoint l’équipe du Fluminense FC, il est obligé de se blanchir la peau avec de la poudre de riz avant d’entrer sur le terrain. Arthur Friedenreich est quant à lui victime du racisme des arbitres blancs. Durant ses matchs à São Paulo, les fautes que pratiquent sur lui ses adversaires ne sont pas sifflées, ce qui l’oblige à élaborer des feintes de corps afin d’esquiver leurs charges violentes. Selon la légende populaire, c’est en évitant une voiture, par un mouvement de bassin alors qu’il traversait la rue, qu’il aurait eu l’idée de reproduire ce geste sur le terrain. « Ruse et technique de survie des premiers joueurs de couleur, le dribble leur évite tout contact avec les défenseurs blancs, écrit l’auteur Olivier Guez dans son ouvrage Éloge de l’esquive paru en 2014. Le joueur noir qui ondule et chaloupe ne sera pas rossé, ni sur le terrain ni par les spectateurs à la fin de la partie ; personne ne l’attrapera ; il dribble pour sauver sa peau. » À travers ses dribbles ravageurs, Friedenreich met en scène sur le terrain la condition même du dominé qui, pour exister, doit avant tout se soustraire à la violence du dominant. La question raciale devient progressivement source de tension au sein du football brésilien. En 1921, le président de la République du Brésil, Epitácio Pessoa, émet un « décret de blancheur » pour qu’au sein de la sélection nationale ne soit admis que « le meilleur de notre élite footballistique, les garçons de nos meilleures familles, les peaux les plus claires et les cheveux les plus lisses ». Deux ans plus tard, le championnat de Rio de Janeiro est remporté par le CR Vasco de Gama. L’équipe, fondée par des immigrés portugais, comporte trois joueurs noirs, un métis et six ouvriers blancs. Un véritable affront pour les clubs bourgeois de Rio qui tentent d’imposer au sein du tournoi des règles discriminatoires à l’encontre des footballeurs noirs ou issus des classes populaires. Le président du CR Vasco de Gama, dans une lettre datée du 7 avril 1924 – entrée dans la postérité sous le nom de « Réponse historique » – répond qu’il continuera à aligner ses joueurs habituels. Quelques semaines plus tard, l’équipe fait tomber les barrières de la ségrégation raciale en remportant pour la deuxième fois consécutive le championnat de Rio. À l’occasion de la Coupe du monde 1938 en France, le Vieux Continent découvre, stupéfait, le style de jeu des Afro-Brésiliens de la Seleção. L’avant-centre noir Leônidas da Silva, meilleur buteur de ce Mondial, popularise la bicyclette – frappe à la volée du ballon en effectuant un saut arrière. Le défenseur métis Domingos da Guia a pour sa part conquis le public avec ses domingadas (le fait de sortir de la défense en dribblant un à un ses adversaires). « Il y a quelque chose qui rappelle la danse, la capoeira, dans le football brésilien, qui adoucit et arrondit ce jeu inventé par les Britanniques, analyse alors l’anthropologue brésilien Gilberto Freyre. Ce jeu pratiqué de façon si aiguë et anguleuse par les Européens – tout cela semble exprimer […] le métissage à la fois flamboyant et ingénieux qui peut aujourd’hui être décelé à travers toute affirmation propre au Brésil ». En 1950, c’est au tour du Brésil d’accueillir la Coupe du monde. Après avoir emporté haut la main l’ensemble de ses matchs, la Seleção, grande favorite de la compétition, affronte en finale l’Uruguay à Rio de Janeiro. Le match est dépeint comme une formalité au vu de la supériorité technique des Brésiliens et les journaux ont déjà titré sur les futurs vainqueurs. Mais le 16 juillet 1950, dans un stade Maracanã pétri de stupeur, la sélection uruguayenne est sacrée championne du monde après deux buts contre un. La défaite est vécue au Brésil comme une humiliation nationale, un trauma dénommé depuis Maracanaço, le « choc du Maracanã ». Désigné comme principal coupable, le gardien noir Barbosa est ostracisé et condamné à vivre comme un paria – il faudra attendre le Mondial 2006 pour qu’un gardien noir, Dida, soit titulaire de la Seleção. Les footballeurs noirs sont suspectés de ne pas supporter la pression psychologique des grands matchs et de ne pas être suffisamment combatifs. « Les joueurs de race nègre perdent une grande partie de leur potentiel dans les compétitions mondiales », affirme en 1956 un rapport officiel de la Confédération brésilienne de football. Résistances indigènes et avant-garde ultra Huit ans après le Maracanaço, le Brésil s’envole pour le Mondial en Suède avec la volonté farouche de surmonter l’humiliation de la Coupe du monde 1950. À bord de l’avion, deux jeunes espoirs. Né avec une malformation congénitale (ses jambes sont arquées vers l’extérieur), Garrincha est issu d’une famille pauvre amérindienne. Son handicap physique qui rend ses dribbles virevoltants et ses origines modestes en ont fait une idole populaire. Pelé, du haut de ses 17 ans, est quant à lui perçu comme le jeune prodige noir du Santos FC. Il voit dans la profession de footballeur un ascenseur social pour s’échapper du déterminisme racial de la société brésilienne. Le joueur passe ses heures libres à s’entraîner intensivement. Mais Garrincha et Pelé sont avant tout perçus par la direction sportive comme des joueurs non-blancs. Le psychologue appelé par la fédération brésilienne pour évaluer mentalement les footballeurs juge Pelé « incontestablement infantile » et dépourvu du « sens des responsabilités indispensable à tout jeu d’équipe ». Garrincha aurait pour sa part un quotient intellectuel inférieur à la moyenne et manquerait d’agressivité. Ces conceptions racistes font que les deux joueurs ne sont pas titularisés lors des premiers matchs. Après un nul contre l’Angleterre, le sélectionneur brésilien se risque toutefois à faire entrer le duo face à l’équipe de l’URSS. Dès lors, Garrincha martyrise par ses dribbles la terrible défense soviétique tandis que Pelé marque les buts de la victoire en quart de finale et en demi-finale. La finale du Mondial 1958 s’achève par une victoire éclatante du Brésil face à la Suède 5 buts à 2. Le sacre international de la Seleção conjure la malédiction du Maracanaço. Pour le dramaturge Nélson Rodrigues, cette consécration sportive symbolise l’avènement de la fierté afro-brésilienne : « Je me souviens juste après la fin du match Brésil-Suède d’avoir vu une petite femme à la peau noire. Une habitante typique des favelas. Mais le triomphe des Brésiliens l’avait transfigurée. Elle marchait le long du trottoir avec l’assurance d’une Jeanne d’Arc. Il en était de même pour les hommes noirs qui – attirants, éclatants, somptueux – ressemblaient aux fabuleux princes d’Éthiopie. » Le jogo bonito (beau jeu), à coups de feintes ludiques, d’esquives et de dribbles, traduit aux yeux des Brésiliens une forme d’expression collective à dimension décoloniale. Ce détournement créatif d’un sport symbolisant l’hégémonie culturelle blanche réhabilite par ailleurs une figure mythique populaire, celle du malandro. Incarné sur les terrains par Garrincha grâce à son jeu de jambes – la ginga, un mot désignant à la fois la démarche de la crapule des favelas et un mouvement de capoeira –, le malandro est le voyou qui mise sur sa roublardise pour accéder aux échelons sociaux qui lui sont interdits. « Le malandro danse et marche, simule et dissimule, à la frontière du bien et du mal, de la légalité et de l’illégalité, précise le musicien Chico Buarque dans un opéra dédié au dandy des rues. Bluffeur, provocateur, c’est un dribbleur social. » La Seleção s’impose par la suite aux Coupes du monde 1962 et 1970, toujours grâce à son dénommé futebol arte, un football que l’écrivain uruguayen Eduardo Galeano définit comme « fait d’esquives de la taille, d’ondulations du corps et d’envols de jambes qui venaient de la capoeira, danse guerrière des esclaves noirs, et des joyeux bals populaires des faubourgs des grandes villes ». Le style de jeu et les victoires des joueurs non-blancs brésiliens, à l’instar de Garrincha, marquent profondément les communautés amérindiennes qui vont entrevoir dans le football un porte-voix pour leurs revendications. Ainsi, lorsque le Brésil organise la Coupe du Monde en 2014, les Amérindiens y décèlent une opportunité sans précédent pour rendre visibles à l’échelle internationale les résistances indigènes brésiliennes (relire ici notre dossier sur le Brésil face à son Mondial). Le mouvement amérindien décide en effet de pleinement s’inscrire dans les luttes sociales alors en cours contre la tenue du Mondial au Brésil. « Nous allons nous joindre aux différents mouvements sociaux de Rio de Janeiro, ceux des favelas comme ceux du centre-ville, ceux des gitans, ceux des Noirs, nous allons tous nous unir pour organiser la contestation », annonce dès 2012 Carlos Pankararu, l’un des porte-parole de l’Aldeia Maracanã, centre culturel amérindien de Rio. À partir de juin 2013, les communautés indigènes se joignent aux millions de manifestants qui descendent dans les rues avec pour slogan « Não vai ter Copa » (« La Coupe n’aura pas lieu »). Le 27 mai 2014, à Brasília, la police charge une manifestation de milliers d’Amérindiens autour du nouveau stade national baptisé Garrincha, après avoir occupé le siège de la société propriétaire de l’enceinte sportive. Lors de la cérémonie d’ouverture de la Coupe du monde, le 12 juin 2014, un garçon blanc, un jeune Amérindien guarani et une fillette noire lâchent devant des millions de téléspectateurs une colombe, symbole de paix entre les peuples. En quittant le terrain, l’enfant guarani de 13 ans, Werá Jeguaka Mirim, sort une petite banderole rouge sur laquelle on peut lire « Demarcação jà ! » (« Démarcation maintenant ! »). Le slogan se rapporte à la lutte indigène pour obtenir de l’État brésilien qu’il délimite les terres amérindiennes qui subissent la pression foncière des grands propriétaires terriens. Le geste de protestation sera furtif car censuré, les caméras se détournant rapidement vers les tribunes. Quatre ans plus tard, Jair Bolsonaro est élu à la tête du pays. Surnommé durant la campagne électorale « le candidat des footballeurs », l’ancien militaire d’extrême droite a reçu le soutien de stars brésiliennes du foot, comme Rivaldo, Felipe Melo ou Ronaldinho. Une semaine à peine après l’élection, le 4 novembre 2018, le Esporte Clube de Bahia, club professionnel de 1re division, rencontre le Fluminense FC dans le cadre du championnat brésilien. Les joueurs de Bahia entrent sur le terrain avec floqué au dos de leur maillot les noms des grandes figures noires de la lutte anticoloniale. Les footballeurs arborent devant des milliers de spectateurs les noms de Zumbi Dos Palmares, pionniers de la résistance contre l’esclavage au XVIIe siècle, ou encore de Maria Felipa, ouvrière qui a mené un groupe de 200 femmes noires et d’Amérindiens combattant contre les Portugais en 1822. L’année suivante, au stade Maracanã de Rio de Janeiro, les deux clubs s’affrontent à nouveau le 13 octobre 2019. Le nouvel entraîneur du Fluminense, Marcão, et Roger Machado, coach de Bahia, s’affichent côte à côte, portant chacun un T-shirt de l’Observatoire de la discrimination raciale dans le football, une organisation antiraciste brésilienne. Dans un pays où plus de la moitié la population est non-blanche, Roger Machado et Marcão représentent les deux uniques entraîneurs noirs de la première division de football du pays. À la conférence de presse d’après-match, Roger Machado condamne : « S’il n’y a pas de préjugés au Brésil, alors pourquoi les Noirs reçoivent-ils une moins bonne éducation ? Pourquoi 70 % de la population carcérale est-elle noire ? Pourquoi les jeunes Noirs sont-ils plus susceptibles d’être tués au Brésil ? » De janvier à juin 2019, la police de l’État de Rio avait tué 885 personnes, principalement des non-Blancs des favelas dont une jeune fille noire de 8 ans, Ágatha Félix. Un record absolu. Et Machado de conclure : « La vérité, c’est que dix millions de personnes ont été réduites en esclavage. Il y a plus de 25 générations. Cela a commencé dans le Brésil colonial, s’est poursuivi dans le Brésil impérial et a été masqué par la République brésilienne. […] Les gens disent que le fait que je sois ici est la preuve que le racisme n’existe pas. La preuve que le racisme existe est que justement je suis un des seuls Noirs à être ici. » La contestation antiraciste et décoloniale s’est également intensifiée dans les tribunes avec l’arrivée au pouvoir de Bolsonaro. Une soixantaine de torcidas – groupes de supporters organisés – antifascistes ont récemment éclos dans les gradins des plus emblématiques clubs brésiliens. Les supporters du SC Internacional de Porto Alegre se mobilisent avec les mouvements noirs de la ville et participent au Quilombo Lemos, un espace urbain autogéré par la communauté afro-brésilienne locale et historiquement issu de la résistance d’esclaves fugitifs. Les supporters Palmeiras Antifascistas de São Paulo font quant à eux régulièrement hommage dans les stades à Marielle Franco. La conseille municipale noire a été exécutée en plein centre-ville le 14 mars 2018 alors qu’elle était une des rares figures politiques dénonçant les crimes policiers racistes. Depuis le 31 mai, ces collectifs de supporters ont temporairement mis de côté leurs rivalités sportives pour faire front commun à la politique racialement discriminatoire de Bolsonaro face à la pandémie. À São Paulo, les groupes ultras des quatre grands clubs de la métropole, dont les supporters Corinthians et leurs ennemis de toujours, ceux du Palmeiras, manifestent désormais ensemble. La torcida du Grêmio marche en tête des défilés anti-Bolsonaro de Porto Alegre avec une énorme banderole qui clame « Contre la violence raciale », tandis que ceux du Fluminense et du Flamengo reprenaient à leur compte le slogan Black Lives Matter dans les cortèges de Rio de Janeiro le 7 juin dernier. https://www.mediapart.fr/journal/international/190720/football-et-decolonialisme-au-bresil-dribbler-la-domination-blanche?utm_source=20200719&utm_medium=email&utm_campaign=QUOTIDIENNE&utm_content=&utm_term=&xtor=EREC-83-[QUOTIDIENNE]-20200719&M_BT=135393249294
  4. bon résultat au regard du déroulé du match mauvais résultat au regard de la petite forme de pool qui était prenable FRUSTRANT
  5. autant rappeler guendouzi dans ce cas là... Klopp semble s'en foutre total de ce match
  6. en retard , dernier défenseur, aucune chance d'avoir la balle un vrai débile ... c'est n'importe quoi
  7. https://www.footyheadlines.com/2021/11/adidas-transport-for-london-arsenal-pre-match-shirt.html être habillé comme les sièges des transports en commun de Londres ; Arsenal l'a fait
  8. On vient de vivre 2 défaites assez lourdes - City : unanimité concernant la belle performance des gars - Nottingham Forest : grosse contre performance On enchaine Pool, 5pur2, puis à nouveau Pool Ce match contre les 5pur2 est clairement un match crucial ; La défaite face à Nottingham est vraiment plus lourde qu'elle n'y parait à premier abord... mentalement cela va être très compliqué si contre performance il y a ...
  9. je compare dépenser 60 boules sur un post où l'on était déjà bien fourni en talent (Saliba et surtout Mavro dont j'avais défendu la cause cette été qui s'éclate en Bundes : 5 buts et une côté à 20 millions dorénavant dont on va toucher 3 millions si Stuttgart se maintien ; encore une belle gestion économique !! ) et allonger 30 boules sur un poste où l'on a personne hormis Lacazette de fiable sur du court terme (je n'ai même pas encore argumenté sur le temps d'acclimatation du/des futurs arrivants ... ) Différence de point de vu ;)
  10. je lis vos arguments et je les comprends mais - Qui va-t-on chopper de plus performant sur le marché à 30 boules aujourd'hui ? - pour le club qu'est ce que 30 boules quand il met 60 sur white ? économiquement c'est un non-sens ... - on connait Lacazette sous tous ses aspects : remplaçant, titulaire, mauvais, excellent... au bilan ce n'est pas un investissement risqué de le prolonger en terme apport à l'équipe / prix ; - le vendre dans 2 ans pour 5 / 10 boules dans le pire des cas, amortirais un peu plus l'investissement - on a besoin de cadres, de mecs concernés par le club, de mecs sérieux: Lacazette coche toute les cases je trouve dommage de s'en passer... Il demande un salaire identique et 3 ans, c'est logique pour un gars de 30 piges bien payé il paye à nouveau les erreurs du club du passé dont il n'est pas responsable ...
  11. D’après des écoutes et des rapports de synthèse judiciaires, Michel Platini a affirmé en 2019 au téléphone qu’Emmanuel Macron s’était engagé à l’« aider » judiciairement et qu’il était en contact avec le « responsable des sports » à l’Élysée à ce sujet. Selon d’autres informations de Mediapart, Michel Platini avait déjà discuté, en mars 2018, de ses déboires judiciaires avec le président Macron lors d’un rendez-vous confidentiel à la présidence, d’après l’organisateur de l'entrevue, le journaliste Jacques Vendroux. Interrogé, l’Élysée dément que ce sujet ait été abordé. L’ancien numéro 10 des Bleus est mis en cause par la justice française dans une affaire de corruption concernant l’attribution de la Coupe du monde 2022 au Qatar et tentait à l’époque de convaincre le parquet de Paris de mener une enquête sur la façon dont il aurait été dénoncé à la justice suisse par la Fifa. Certaines de ces découvertes, qui bruissent depuis des mois dans une partie de l’appareil judiciaire, viennent une nouvelle fois jeter une lumière froide sur les rapports que la présidence de la République entretient avec l’idée même d’indépendance de la justice, notamment après la révélation par Mediapart des conditions du classement de l’affaire Kohler suite à une intervention élyséenne. Les derniers développements de l’affaire Platini sont d’autant plus embarrassants que le nom d’un haut magistrat en poste à la Cour de cassation, Michel Debacq, proche d’Emmanuel Macron, apparaît dans les mêmes écoutes comme s’étant personnellement impliqué dans le dossier alors qu’il n’en était pas chargé. Cette affaire ultra-sensible semble embarrasser au plus haut point la haute hiérarchie judiciaire. La procureure générale de Paris, Catherine Champrenault, a confirmé avoir été informée en juin 2019 du contenu des écoutes par le Parquet national financier (PNF) avant de faire un « signalement » à la Direction des services judiciaires du ministère de la justice, aux fins d’enquête disciplinaire. De son côté, le procureur national financier, Jean-François Bohnert, a indiqué qu’aucune enquête pénale n’avait été ouverte, au motif que les faits avaient déjà été signalés administrativement à la Chancellerie. Sollicité par Mediapart, l’avocat général Michel Debacq déclare qu’il a rencontré Michel Platini à trois reprises « à titre toujours amical » et estime que le sujet relève de sa « vie privée ». Les éléments à la disposition de la justice montrent que bien des discussions ont eu lieu en coulisses ces deux dernières années entre l’Élysée, Michel Platini, le magistrat Michel Debacq et toute une cohorte d’intermédiaires. L’ex-joueur voulait affaiblir l’enquête pénale qui le vise, préparer son retour dans les instances internationales et amorcer une contre-attaque judiciaire via une plainte déposée à Paris. Une bonne part de tout ceci serait restée dans l’ombre sans les croisements effectués dans plusieurs dossiers judiciaires, notamment grâce aux écoutes téléphoniques qui les parsèment. Tous les éléments figurent désormais au dossier d’instruction de l’affaire Qatar 2022. I. La rencontre Macron-Platini qui embarrasse l’Élysée Tout commence le 25 septembre 2015. Quatre mois après le célèbre raid judiciaire visant les dirigeants et siège de la Fifa à Zurich, le ministère public de la confédération (MPC), le parquet fédéral suisse, ouvre une enquête visant Michel Platini, alors président de l’UEFA, et le président de la Fifa Sepp Blatter, dans l’affaire dite du « paiement différé ». Dans la foulée, les deux hommes sont bannis pour huit ans par le comité d’éthique de la Fifa. En janvier 2011, Sepp Blatter avait accepté, à la demande de Platini, que la Fifa lui verse 2 millions de francs suisses (1,8 million d’euros). Les deux hommes ont affirmé qu’il s’agissait d’un complément de rémunération lié au travail de Platini lorsqu’il était conseiller de Blatter à la Fifa, entre 1998 et 2002, et qui avait fait l’objet d’un simple « accord oral ». L’argument n’a pas convaincu le Tribunal arbitral du sport (TAS), vu l’absence de contrat écrit et le fait que Platini a attendu neuf ans pour réclamer son dû. Le timing interpelle d’autant plus que Platini a envoyé la facture un mois après l’attribution par la Fifa du Mondial 2022 au Qatar, miné par les soupçons de corruption. En mai 2016, le TAS abaisse la suspension à quatre ans, mais confirme la sanction disciplinaire de Platini, pour obtention d’un avantage indu et « conflit d’intérêts ». Michel Platini doit démissionner de l’UEFA et renoncer à se présenter à l’élection de 2016 pour la présidence de la Fifa. Depuis, il ne cesse de dénoncer un « complot » ourdi par Sepp Blatter, qu’il accuse d’avoir dénoncé les faits à la justice suisse pour l’empêcher de lui succéder à la tête de la fédération internationale. Ses déboires se poursuivent l’année suivante. En juillet 2017, le tribunal fédéral suisse confirme le verdict du TAS. Et un nouveau front judiciaire s’ouvre en France. En décembre 2017, Michel Platini est perquisitionné et auditionné comme suspect dans le cadre de l’enquête préliminaire pour « corruption » menée par le Parquet national financier (PNF) sur l’attribution du Mondial 2022. Trois mois plus tard, l’ancien patron de l’UEFA a obtenu un rendez-vous très discret avec Emmanuel Macron. Selon nos informations, Platini a été reçu par le président le 8 mars 2018, en compagnie de son ami journaliste Jacques Vendroux, alors chef du service des sports de Radio France. Curieusement, ce rendez-vous ne figurait pas à l’agenda officiel du président. Interrogé sur les raisons de cette rencontre, Jacques Vendroux s’est dans un premier temps refusé à tout commentaire, indiquant que le sujet relevait de sa « vie privée ». Il nous a finalement rappelés le lendemain pour confirmer la tenue du rendez-vous, pendant une trentaine de minutes, dans un salon attenant au bureau d’Emmanuel Macron. « Ami » de Michel Platini, mais aussi d’Emmanuel Macron, le journaliste déclare être l’organisateur de la rencontre : « Un jour j’ai dit à Michel : “Ce serait bien que tu rencontres Macron, il adore le foot.” J’ai organisé le rendez-vous. On a parlé de football, de la Juventus, de Saint-Étienne, de l’équipe de France, du titre de 84, du titre de 98. » « C’était une conversation qui était très agréable, très sympa. Celle d’un président de la République qui avait envie de faire la connaissance d’un des meilleurs joueurs du monde, et Michel qui avait envie de faire la connaissance du plus jeune président de l’histoire de la Ve République, qui est un supporter de l’OM et qui, quelque part, l’aime bien, voilà parce qu’il aime le foot », ajoute-t-il. Jacques Vendroux explique que les déboires judiciaires de Michel Platini n’étaient pas au cœur de la conversation. Mais confirme toutefois que le sujet a bien été abordé : « À un moment, le président lui a dit : “Vous en êtes où dans vos histoires ?” » Selon ses souvenirs, Michel Platini a ensuite fait « un résumé de la situation qui a duré 3/4 minutes ». Jacques Vendroux déclare ensuite : « Ça a duré 7/8 minutes, c’était très technique, je n’ai pas tout compris. » Le journaliste insiste sur le fait que le « le président n’a jamais dit : “Je vais m’occuper de vous.” Jamais, jamais, jamais ». « Il n’a jamais dit : “Je vais vous aider.” Il a dit, je sais pas, peut-être qu’il a dit une phrase du style “Je vais voir”, mais Michel n’a rien demandé. Et le président n’a rien promis. J’y étais, j’étais témoin, j’étais dans le bureau », reprend-il. L’Élysée dément « catégoriquement » ce récit. « Le président de la République, qui a de l’intérêt pour le football, a reçu le joueur de football, l’icône Michel Platini, mais en aucun cas le justiciable Michel Platini. Le président sait parfaitement qu’il ne peut pas évoquer le dossier individuel d’un justiciable », indique la présidence de la République à Mediapart. Quant au fait que le rendez-vous n’ait pas été annoncé à l’agenda officiel, l’Élysée déclare qu’il n’y a « rien d’anormal » à cela : « Il ne faut pas y voir une volonté de dissimuler. Il s’agit d’un rendez-vous discret. Ce qui est courant en matière sportive, culturelle ou artistique », ajoute-t-on à la présidence. Un mois après son entretien avec le président, Michel Platini reprend espoir. En mai 2018, son avocat suisse annonce au Monde avoir reçu une lettre du parquet fédéral suisse lui annonçant que l’enquête sur le « paiement différé » n’est « pas menée » contre Platini et qu’il « ne sera pas incriminé ». La décision du MPC n’était manifestement pas définitive, puisqu’il a finalement poursuivi Michel Platini deux ans plus tard (voir plus bas). Mais l’ancien patron de l’UEFA pense à l’époque qu’il est pénalement blanchi. La nouvelle est accueillie avec enthousiasme par Emmanuel Macron. Lors d’un entretien accordé le 10 juin 2018 dans l’émission « Téléfoot » sur TF1 (voir ci-dessous à partir 3'27), le présentateur Christian Jeanpierre demande au président de réagir au fait que Michel Platini « a été blanchi par la justice suisse la semaine dernière ». « Je m’en félicite, répond Emmanuel Macron. Et moi je souhaite qu’il reprenne toute sa place […], il a encore un rôle à jouer. » II. Le magistrat Michel Debacq dit « avoir fait ce qu’il fallait » Michel Platini peut compter sur un de ses amis : Jean-Pierre Chanal, directeur général adjoint des services de la Ville de Marseille. Lequel a été placé sur écoutes par le PNF, dans le cadre d’une enquête judiciaire sur les pratiques douteuses de la mairie (lire ici). C’est dans l’une de ses écoutes que les enquêteurs ont entendu, le 24 mai 2019, Michel Platini échanger avec Jean-Pierre Chanal au sujet du dossier. « On a été entendus par l’inspecteur comme je te l’ai dit », annonce l’ancien footballeur, avant d’ajouter : « Le procureur, il dit on entendra les témoins que vous avez cités et puis après on prendra une décision pour savoir si on avance ou pas, si on… » « Si on ouvre une information judiciaire ou pas… », complète Chanal. Platini confirme : « Si on ouvre une information judiciaire, mais Bourdon il ne le sent pas trop […] motivé à ouvrir un truc. » Sollicité, l’avocat William Bourdon, qui assurait à l’époque la défense de M. Platini, a refusé de nous répondre car il est « tenu au secret professionnel ». L’ancien capitaine de l’Équipe de France déclare alors à son ami marseillais : « Moi, j’ai envoyé un truc à l’Élysée en disant que le président il a dit qu’il m’aiderait. » « Ça serait bien qu’il le montre maintenant, hein », ajoute-t-il. Dans la même conversation, Jean-Pierre Chanal propose aussi son aide : « Il faut que je fasse moi aussi de mon côté, hein ? » « Ouais de ton côté », lui répond Platini. Chanal obtempère : « Je vais cet après-midi même appeler Michel. » « Michel » est un haut magistrat français. Pour assister son « copain » Platini, Jean-Pierre Chanal a sollicité Michel Debacq, avocat général à la Cour de cassation et ancien chef de la section antiterroriste du parquet de Paris. Classé à gauche – il a été au cabinet de l’ancienne ministre de la justice Christiane Taubira –, c’est aussi un proche d’Emmanuel Macron, dont il a soutenu la campagne en 2017. C’est également un homme de réseaux. Il est proche de la patronne du PNF de l’époque, Éliane Houlette. Dans une écoute judiciaire, il se vante d’avoir fait nommer en 2019 le patron du nouveau parquet national antiterroriste, Jean-François Ricard. C’est également Michel Debacq qui a sollicité l’avocat William Bourdon pour qu’il assure la défense de Michel Platini. Jean-Pierre Chanal « est mon ami depuis près de quarante ans et, par son intermédiaire, j’ai fait la connaissance de Michel Platini, il y a environ trois ans », explique M. Debacq, qui ajoute : « À titre toujours amical, j’ai rencontré celui-ci à trois reprises à Paris, et la dernière fois, c’était l’occasion de me remettre son dernier livre, dédicacé. J’ai été ravi de lui recommander Me William Bourdon, qui est également un ami, pour l’aider dans les plaintes qu’il souhaitait. » Le 28 mai, quatre jours après l’échange téléphonique, Jean-Pierre Chanal envoie un SMS à Michel Debacq pour lui donner des « nouvelles de son ami [Michel Platini] pour lequel William [Bourdon] est inquiet, craignant qu’on ne donne pas suite et lui demandant ce qu’il en pense », selon un PV de synthèse. Le lendemain, le magazine suisse L’Illustré publie un article sur les soupçons de collusion entre la justice suisse et le président de la Fifa, Gianni Infantino. Ce qui donne l’occasion à Michel Platini, présenté dans l’article comme la victime « d’un habile coup monté », de relancer l’entourage d’Emmanuel Macron : « J’ai envoyé [l’article] à l’Élysée, j’ai envoyé au responsable des sports à l’Élysée. J’ai dit il serait temps de sauver le citoyen français », explique-t-il à Jean-Pierre Chanal le 29 mai. Chanal lui répond qu’il a pour sa part adressé l’article à Michel Debacq, en lui disant qu’il y trouvera « toutes les bonnes raisons qui pourraient justifier une attitude offensive ». « C’est parti droit chez Michel [Debacq]. Contre-attaque, droit au but. […] J’ai fait lucarne », lance Chanal à Platini. Trois jours plus tard, le 1er juin, Michel Debacq et Jean-Pierre Chanal échangent au téléphone. La veille, le haut magistrat a déjeuné avec l’avocat William Bourdon pour parler du dossier. Mais Michel Debacq a une mauvaise nouvelle pour son « ami » Chanal : « Je n’ai pas envie de suivre », lui annonce-t-il. Une décision que Chanal lui dit comprendre : « Oui ! […] Tu n’as pas envie de rentrer dedans bien entendu, faut pas. » Michel Debacq précise alors que Michel Platini, ou l’un de ses proches, ne lui ont pas demandé « d’en faire plus ». Jean-Pierre Chanal l’interrompt : « Bien évidemment Michel, il n’est pas question de plus d’ailleurs. » La suite de la conversation pourrait poser plus de problèmes au magistrat de la Cour de cassation. Car Michel Debacq déclare : « Bon, ceci dit, comme je lui avais dit, j’avais fait ce qu’il fallait il y a quelque temps. » « Je me souviens très bien ! », confirme Jean-Pierre Chanal. Avant que Michel Debacq ne déclare : « Mais ceci dit aussi, on ne va pas renouveler constamment, d’autant plus que les uns et les autres, tu as vu, ont quelques occupations. » À quoi le magistrat faisait-il référence en déclarant avoir « fait ce qu’il fallait il y a quelque temps » ? Le parquet de Paris nous a répondu que « le procureur de la République de Paris, Rémy Heitz, n’a eu aucun échange avec une personne extérieure au parquet de Paris » au sujet de la procédure pour dénonciation calomnieuse initiée par Michel Platini. Sollicité, Michel Debacq n’a pas répondu sur ce point. L’implication de Michel Debacq dans le dossier semble en tout cas suffisamment importante pour que Jean-Pierre Chanal l’évoque une nouvelle fois au téléphone, le 5 juin 2019, avec un autre de ses amis, qui connaît aussi Michel Platini. « Ce qui m’inquiète éventuellement, ce serait que le procureur de Paris finalement considère qu’il n’y a pas suffisamment de charges dans le dossier pour véritablement ouvrir une information judiciaire », indique Jean-Pierre Chanal. Avant d’embrayer sur le rôle de Michel Debacq : « Mais bon Michel c’est pas lui le procureur, c’est pas l’avocat. Il a dit [qu’]il peut pas faire plus lui. Ce serait lui qui serait en poste, l’information serait déjà ouverte ! » Il ajoute que Michel Debacq ne « peut pas » s’être « investi plus qu’il ne l’a fait ». En parallèle de l’enquête ouverte suite à la plainte de Michel Platini, un autre front judiciaire se fait de plus en plus menaçant en France. L’enquête préliminaire initiée par le Parquet national financier (PNF) pour des soupçons de corruption dans l’attribution de la Coupe du monde au Qatar en 2022 progresse à grands pas (lire nos enquêtes ici et là). Le 18 juin 2019 au matin, Michel Platini est placé en garde à vue dans les locaux de l’Office anti-corruption (OCLCIFF) de la police judiciaire, à Nanterre. Il n’en sortira qu’à une heure du matin. Le lendemain, Michel Debacq écrit un SMS à Jean-Pierre Chanal : « Comment va notre ami ? […] Je t’embrasse. Michel. » Dix jours plus tard, les deux hommes critiquent les conditions de la garde à vue et le fait que Michel Platini ait été « descendu en geôles ». Michel Debacq « souligne alors que tout cela n’était pas professionnel et que la proximité avec la presse [qui a dévoilé la garde à vue dès le matin – ndlr] était scandaleuse », selon le PV des enquêteurs. Jean-Pierre Chanal profite de l’occasion pour évoquer les mouvements au sein de la magistrature, et le départ à venir de la patronne du PNF Éliane Houlette, « pour lequel il se dit intéressé à titre personnel », selon les enquêteurs. Et pour cause : comme l’a révélé Mediapart, M. Chanal espérait à cette époque obtenir un arrangement afin de tenter de circonscrire les enquêtes du PNF sur la mairie de Marseille, qui le visent personnellement. Michel Debacq lui répond alors qu’il lui en parlera lorsqu’ils se rencontreront, précisant qu’il a « plein de choses à lui dire ». Interrogé sur ces « choses à lui dire », le magistrat n’a pas répondu. La fin de cette conversation « caractérise une proximité et un lien amical » entre Jean-Pierre Chanal et Michel Debacq, écrivent les enquêteurs, le premier proposant au second (ainsi qu’à son épouse et ses enfants) de leur organiser un séjour touristique à Marseille. Michel Debacq continue à s’impliquer dans la défense de l’ancien président de l’UEFA. Début juillet 2019, Jean-Pierre Chanal lui fait passer un projet de lettre rédigé par l’avocat de Michel Platini, et destiné à être versé à l’une des deux procédures judiciaires. Au téléphone, Debacq et Chanal évoquent à nouveau l’importance de l’ouverture d’une information judiciaire pour dénonciation calomnieuse par le parquet de Paris, estimant que cela serait « bénéfique » pour Michel Platini dans l’affaire Qatar 2022. Alerté du rôle de Michel Debacq dans le dossier Platini, le parquet général de Paris a confirmé à Mediapart avoir saisi, le 14 juin 2019, la Direction des services judiciaires du ministère concernant d’éventuels manquements déontologiques du magistrat. III. Emmanuel Macron et le « sentiment d’injustice » Le 28 octobre 2019, l’avocat de Michel Platini, William Bourdon, annonce au Monde que le parquet de Paris a finalement décidé de ne pas poursuivre l’enquête pour « dénonciation calomnieuse » initiée par Michel Platini, et de transmettre le dossier à la justice suisse. C’est une demi-victoire. Le parquet de Paris a refusé d’ouvrir l’information judiciaire que Michel Platini souhaitait tant, mais il n’a pas classé l’affaire et a saisi officiellement la justice helvète, ce qui donne davantage de poids à sa plainte. Platini a-t-il bénéficié d’un traitement de faveur ? Interrogé, le parquet de Paris répond qu’il n’y a eu aucune interférence extérieure dans ce dossier, précisant qu’après réception de l’enquête menée par la police, « le parquet de Paris a, le 21 octobre 2019, dénoncé officiellement les faits aux autorités suisses en raison du domicile en Suisse des personnes mises en cause dans la plainte, de la commission des faits allégués de dénonciation calomnieuse sur le territoire suisse, des accusations portées contre le ministère public suisse ainsi que de la nécessaire appréciation de la dénonciation calomnieuse au regard des faits sur lesquels une enquête était en cours en Suisse ». Coïncidence : une semaine plus tard, Michel Platini reçoit une étonnante marque de soutien d’Emmanuel Macron. L’ex-numéro 10 des Bleus était l’invité de RTL, dans le cadre de l’intense tournée médiatique organisée pour la fin de sa suspension et la publication de son livre. Quand soudain, le présentateur Thomas Sotto annonce que le « président » a quelque chose à lui dire. Il diffuse alors à l’antenne un « petit message d’amitié » d’Emmanuel Macron à son « cher Michel, cher Platoche » : « Je sais que les dernières années ont été dures, que les blessures ont parfois été profondes, que le sentiment d’injustice aussi est là. Et au fond, j’avais un message, c’est ce message d’admirateur, ce message de remerciement, et ce message qui consiste à vous dire, vous avez encore plein de choses à apporter au football français et aux jeunes Français. […] Donc bravo, merci et revenez, ça me ferait plaisir. » Alors même que Michel Platini est visé par une enquête de la justice française, le président de la République n’a donc pas hésité, au mépris de la séparation des pouvoirs, à dire publiquement qu’il comprenait son « sentiment d’injustice ». Cette déclaration est d’autant plus troublante au vu des écoutes judiciaires dans lesquelles Michel Platini affirmait, cinq mois plus tôt, qu’Emmanuel Macron avait promis de l’« aider ». « Michel Platini a tort de dire cela. Ce n’est pas possible. Le président est le garant de l’indépendance de la justice », conteste l’Élysée, qui estime que l’intervention sur RTL était un « message d’amitié, sans volonté de peser sur le cours de la justice ». Michel Platini a en tout cas enchaîné les revers judiciaires par la suite. En France, le PNF a ouvert le 20 janvier 2020 une information judiciaire dans l’affaire Qatar 2022, ce qui ouvre la voie à d’éventuelles mises en examen. Dans le volet disciplinaire de l’affaire du « paiement différé », la Cour européenne des droits de l’homme a rejeté, le 5 mars, son ultime recours possible au sujet de sa suspension par la Fifa. « Au regard de la gravité des infractions commises, de la position élevée que M. Platini occupait au sein des instances de football et de la nécessité de rétablir la réputation de ce sport comme celle de la Fifa, la sanction infligée ne paraît ni excessive, ni arbitraire », a indiqué la CEDH dans un communiqué. Dans le volet pénal de la même affaire du paiement différé, Michel Platini se croyait blanchi après que le parquet fédéral suisse lui avait écrit il y a deux ans qu’il n’était pas visé. Mais le même parquet a finalement décidé, le 5 juin dernier, de le poursuivre pour des soupçons de « complicité de gestion déloyale » et « faux dans les titres ». Michel Platini a par ailleurs choisi de se séparer de Me William Bourdon, et de confier sa défense au célèbre avocat pénaliste Henri Leclerc et à son associée Frédérique Baulieu. Contacté via ses nouveaux conseils, Michel Platini n’a pas répondu. https://www.mediapart.fr/journal/france/300620/affaire-platini-des-ecoutes-et-un-rendez-vous-impliquent-emmanuel-macron?utm_source=20200630&utm_medium=email&utm_campaign=ALERTE&utm_content=&utm_term=&xtor=EREC-83-[ALERTE]-20200630&M_BT=135393249294
  12. bah tu acceptes et tu le revends dans 1 ans 1/2 ou 2 on a fait des concessions pas possible pour Walcott, une folie pour Ozil et aubam et on n'est pas foutu de faire ce qu'il faut pour les mecs qui en valent la peine C'est ce genre de gestion qui me m'énerve en tout point heureusement que l'on est bon en marketing ces dernières années car ce qui concerne notre effectif, économiquement on est à la ramasse totale
  13. leur numéro 2 est l'homme du match easy ça pourrait être intéressant de se pencher dessus voir si c'est une surperformance ou bien classique chez lui. Saka et Léno ont été bon le reste ; Arteta inclut ça se passe de commentaire dommage de sortir si tôt de la FA cup pour un club prétendant à la ligue des champions ...
  14. belle prestation dans l'ensemble, dont 2 parades Il ne fait pas de bruit, pas de vagues, reste concentré il n'y a pas un gap énorme entre Rasmdall et lui mais il faut bien choisir un numéro 1 sauf que là on a deux gars niveaux top européen ! ça fait comme Léno / Martinez il y a 2 saisons ...
  15. Sarkozy et Qatar 2022: Des notes de l’Élysée, dont le contenu a été révélé par Mediapart, ont d’ores et déjà montré l’intense lobbying de Nicolas Sarkozy pour que le Qatar obtienne un soutien de poids en la personne de Michel Platini, patron de l’UEFA et vice-président de la Fifa, alors que ce dernier était « réticent » à une telle candidature. Ces documents indiquent que l’ancienne star du football français se serait laissé convaincre au cours d’un déjeuner crucial, organisé à l’Élysée en novembre 2010, avec l’actuel émir du Qatar, neuf jours seulement avant le vote de la Fifa. Or, sitôt parti de l’Élysée après sa défaite à l’élection présidentielle de 2012, Nicolas Sarkozy a fait prospérer ses propres affaires grâce au… Qatar. Selon nos informations, la justice s’intéresse à la promesse de financement à hauteur de 200 millions d’euros signée, en décembre 2012, par le fonds souverain Qatar Investment Authority (QIA) en faveur d’un fonds d’investissement, baptisé Columbia, que Nicolas Sarkozy a voulu créer avec l’homme d’affaires français Stéphane Courbit. D’autres documents confidentiels que Mediapart a pu consulter – et qui ne figurent pas dans la procédure judiciaire – offrent désormais des pistes supplémentaires. Ceux-ci montrent que Nicolas Sarkozy a aussi été rémunéré comme avocat, après son départ de l’Élysée, par deux des bénéficiaires présumés de l’accord qui aurait été scellé entre les autorités françaises et qataries lors du fameux déjeuner élyséen de novembre 2010. Le premier est Sébastien Bazin, ancien dirigeant du fonds Colony, qui avait vendu le club du PSG au fonds souverain QSI – c’est-à-dire à l’État du Qatar – en mai 2011, six mois après le vote de la Fifa sur l’attribution du Mondial. Vieil ami de Nicolas Sarkozy, Sébastien Bazin a ensuite, lorsqu’il est devenu patron du groupe hôtelier Accor, en février 2014, confié des missions au cabinet d’avocats Claude & Sarkozy. Nicolas Sarkozy était personnellement « responsable » du dossier Accor au sein du cabinet, selon des documents internes consultés par Mediapart. On retrouve le même schéma avec Arnaud Lagardère. Il a lui aussi embauché Me Sarkozy dès octobre 2012 dans le cadre d’une consultation juridique en lien avec un autre fonds souverain du richissime émirat gazier, Qatar Investment Authority (QIA), six mois après que ce dernier fut devenu le premier actionnaire du groupe Lagardère. Nos questions sont presque toutes restées sans réponse (lire notre Boîte noire). Nicolas Sarkozy, son ancien associé Arnaud Claude et Arnaud Lagardère n’ont pas donné suite. Idem pour l’émir du Qatar, le fonds QIA et ses dirigeants. Le PSG et son président Nasser Al-Khelaïfi ont refusé de répondre à nos questions au motif qu’elles contiennent des « allégations manifestement erronées et partiales ». Seuls Colony Capital et Sébastien Bazin nous ont répondu (à lire en intégralité dans l’onglet Prolonger). L’actuel patron d’Accor dément, via un porte-parole, avoir demandé l’aide de Nicolas Sarkozy afin de vendre le PSG au Qatar. Accor indique que les contrats avec le cabinet Claude & Sarkozy ont été passés dans des « conditions normales », pour des montants « confidentiels » mais qui « ne sont pas significatifs ». 1 - Le Qatar a promis 200 millions au fonds de Sarkozy Un des volets de l’enquête judiciaire porte sur la promesse de financement de 200 millions d’euros faite par QIA à Nicolas Sarkozy fin 2012. Selon nos informations, les enquêteurs se penchent sur cette opération, qui a été mise au jour par une autre enquête judiciaire. Lors de l’affaire « Air Cocaïne », la justice avait découvert que la société Lov Group, de l’homme d’affaires Stéphane Courbit, avait financé des voyages en jet privé à Nicolas Sarkozy. Une enquête a été ouverte pour abus de biens sociaux, qui s’est terminée en 2016 par un non-lieu. Une décision logique : il ne s’agissait pas de cadeaux, mais de voyages d’affaires effectués dans le cadre du projet Columbia, un fonds d’investissement au sujet duquel Courbit s’était associé avec Sarkozy, peu après sa défaite à la présidentielle de mai 2012 (lire nos enquêtes ici et là). Des documents issus de cette procédure, dont le contenu a été révélé par Libération, et dont Mediapart publie aujourd’hui des extraits, dévoilent les coulisses du généreux coup de pouce accordé par le Qatar au fonds Columbia, lors d’une visite à Doha au cours de laquelle Sarkozy s’est comporté en lobbyiste du Qatar au sujet du Mondial 2022. À l’automne 2012, Columbia espère gérer au moins 500 millions d’euros pour le compte d’investisseurs. Nicolas Sarkozy est chargé d’utiliser son carnet d’adresses. Il se tourne tout naturellement vers Qatar Investment Authority (QIA). Ce fonds souverain riche à milliards était présidé à l’époque par le premier ministre Hamad Bin Jassem Al-Thani, qui avait participé deux ans plus tôt au fameux déjeuner de l’Élysée sur la Coupe du monde 2022. Le 11 décembre 2012, l’ancien président de la République est invité au Qatar pour un forum sur le sport. C’est l’occasion parfaite pour finaliser le deal. La négociation finale a commencé à Doha le 10 décembre à 8 h 30, lors d’une réunion secrète en présence de Nicolas Sarkozy et d’Ahmad Al-Sayed, directeur général de QIA. Sarkozy, Courbit et Al-Sayed signent un contrat dans lequel QIA s’engage à investir 200 millions d’euros dans Columbia, à condition que le fonds trouve 500 millions au total (notre document ci-dessous). Un énorme coup de pouce, puisque le Qatar est prêt à apporter à lui seul 40 % de l’argent nécessaire au démarrage du fonds. L’ancien chef de l’État se montre très reconnaissant le lendemain à la tribune du forum Doha Goals, en présence de l’émir de l’époque Hamad Al-Thani : « Vous savez, Majesté, combien j’ai applaudi à l’organisation de la Coupe du monde 2022 au Qatar. J’ai applaudi ce choix. J’ai soutenu ce choix. J’ai voulu, avec d’autres, ce choix. Pourquoi ? Parce qu’il a donc fallu attendre le XXIe siècle pour qu’un pays musulman organise pour la première fois un événement de cette importance. » Nicolas Sarkozy appuie au passage (en vidéo ci-dessous) la principale revendication du Qatar à l’époque : obtenir que le Mondial 2022 soit déplacé en hiver, afin d’éviter que son attribution ne soit remise en cause en raison de la chaleur infernale qui règne l’été dans l’émirat. « Est-il absolument indispensable que les Jeux olympiques se tiennent systématiquement au mois d’août ?, lance Sarkozy à la tribune. Où est-ce écrit ? La Coupe du monde doit-elle absolument se dérouler en juin-juillet ? Le calendrier est un moyen, ce n’est pas une ambition. » Malgré sa proximité avec Nicolas Sarkozy, l’ancien ministre des sports Guy Drut, présent lui aussi à Doha, ne peut dissimuler sa gêne : « Il y a des difficultés techniques qui sont insurmontables et que Nicolas ne peut pas connaître », avait-il réagi à chaud sur France 2. Le projet Columbia a finalement capoté quelques mois plus tard, à cause de la mise en examen dans l’affaire Bettencourt de Stéphane Courbit, selon une déclaration de son avocat à l’AFP à l’époque. Mais ce 11 décembre 2012 à Doha, l’émir n’a pu que se féliciter de sa promesse d’investissement et du dévouement de Nicolas Sarkozy à la cause du Mondial qatari. 2 - Sébastien Bazin, Me Sarkozy et DJ Mosey C’est l’un des points clés du déjeuner de l’Élysée de novembre 2010. Les enquêteurs soupçonnent qu’en échange du vote de Michel Platini, Nicolas Sarkozy ait demandé au Qatar de racheter le PSG. Ce qui était tout à l’avantage de Sébastien Bazin, président Europe du fonds Colony Capital, propriétaire du club parisien. Avant d’être au cœur des investigations judiciaires, cette piste avait été révélée par des enquêtes publiées par So Foot et France Football. En cette année 2010, Bazin cherchait, sans succès, à se débarrasser du PSG, dans lequel Colony avait englouti des dizaines de millions d’euros. Il se trouve que Nicolas Sarkozy est un grand supporter du PSG et un habitué du carré VIP du Parc des Princes. Et que Bazin est un ami de vingt ans. Les deux hommes se sont connus en 1993 à Neuilly. La fille de Bazin était l’une des élèves prises en otage dans une école maternelle par un homme qui se faisait appeler « Human Bomb ». Alors maire de la ville, Nicolas Sarkozy avait personnellement négocié leur libération avec le preneur d’otages. Selon nos informations, Sébastien Bazin entretenait aussi des relations avec le fils aîné du président : Pierre Sarkozy, alias Mosey, DJ et producteur de hip hop, aujourd’hui âgé de 34 ans. Pierre est lui aussi un fan du PSG, comme le montrent les photos qu’il poste sur Instagram dans les tribunes du Parc, et avec les joueurs Zlatan Ibrahimovic ou David Beckham. DJ Mosey se vante de représenter le PSG jusqu’au Japon, après s’être fait prendre en photo avec un maillot du club lors d’une interview parue dans un magazine de l’Archipel. Début 2009, Pierre Sarkozy a 23 ans et vient de produire le dernier album du rappeur Doc Gynéco, qui a fait un flop commercial. Le 16 janvier, il immatricule à Neuilly l’entreprise individuelle « M. Pierre Sarkozy ». Son objet social est l’« activité de soutien aux entreprises ». Pierre Sarkozy n’a pas répondu à nos questions sur les clients et missions de cette entreprise. Coïncidence : neuf jours plus tard, le dimanche 25 janvier 2009, DJ Mosey devait être reçu par son papa à l’Élysée avec le patron de Colony. « 17 h 30 - 18 h : M. Sébastien Bazin et Pierre Sarkozy », indique l’agenda du président Sarkozy, saisi par la justice dans l’affaire Bettencourt (notre document ci-dessous). Interrogé par Mediapart, Sébastien Bazin confirme, via un porte-parole, une rencontre avec Nicolas Sarkozy en janvier 2009, mais indique qu’il « n’était pas accompagné de Pierre Sarkozy », contrairement aux indications de l’agenda officiel. « La cession du PSG n’était pas l’objet de ce rendez-vous. Le club n’était pas en vente à l’époque », indique un porte-parole de M. Bazin. Selon So Foot, Colony avait toutefois tenté de vendre le PSG au Qatar dès 2008. Sébastien Bazin indique que « Pierre Sarkozy n’a jamais été rémunéré par Colony Capital ». L’actuel directeur exécutif de Colony Europe, Nadra Moussalem, nous a répondu qu’« à sa connaissance », il n’y a pas eu « d’accord ou de rémunération » liant le fonds d’investissement et DJ Mosey. Interrogé sur un éventuel lien d’affaires avec Pierre Sarkozy ou sa société, le PSG a refusé de répondre (lire notre Boîte noire). Pour sa part, Nicolas Sarkoky a évoqué le rachat du PSG par le Qatar lors d’une visite officielle à l’Élysée du prince héritier Tamim Al-Thani, le 2 février 2010. Les deux hommes auraient à nouveau évoqué le deal en présence de Michel Platini lors du déjeuner à l’Élysée neuf mois plus tard, selon So Foot et France Football. Et le Qatar a finalement acheté le PSG en mai 2011 pour un total de 64 millions d’euros. Ce qui a permis à Colony de sortir en limitant la casse. Le porte-parole de Sébastien Bazin répond que le patron de Colony « n’a pas demandé d’aide à Nicolas Sarkozy dans le cadre de la cession du PSG », et qu’il « ne lui a pas demandé d’évoquer » le sujet « lors de la visite officielle de Tamim Al-Thani en février 2010 ». Après la présidentielle de 2012, Sébastien Bazin a chouchouté les Sarkozy père et fils. En février 2014, il quitte Colony pour devenir patron d’Accor, dont le premier actionnaire n’est autre que son ex-employeur Colony. Six mois plus tard, le groupe hôtelier a fait appel au cabinet de Nicolas Sarkozy. Cette information s’appuie sur la liste, que nous avons pu consulter, des dossiers dont l’ancien président, redevenu avocat en 2012, était le « responsable » au sein du cabinet Claude & Sarkozy, qu’il a cofondé avec Arnaud Claude en 1987, et dont il détient toujours 34 % des parts. Claude & Sarkozy s’est rebaptisé Realize le 12 décembre dernier, effaçant les noms de ses deux cofondateurs, après le scandale de l’implication du cabinet dans les magouilles fiscales de leur ami Patrick Balkany. En 2015, après sa mise en examen pour « blanchiment de fraude fiscale » dans cette affaire, Me Claude avait déjà transmis la présidence du cabinet et l’usufruit de la plupart de ses parts à son fils Christofer. Arnaud Claude a pris sa retraite peu avant d’être condamné, en octobre dernier, à trois ans de prison avec sursis et à l’interdiction définitive d’exercer, pour avoir aidé Patrick et Isabelle Balkany à frauder le fisc. En mai 2012, le retour de Nicolas Sarkozy au cabinet, à la suite de sa défaite à la présidentielle, avait dopé le chiffre d’affaires, qui a bondi de 23 % l’année suivante pour atteindre 5,1 millions d’euros. Me Sarkozy était en affaires avec plusieurs groupes dirigés par de grands patrons, dont Sébastien Bazin. Selon un document interne au cabinet, Nicolas Sarkozy était personnellement « responsable » du dossier « Accor/Général », ouvert en février 2014, avec pour « collaborateur » Christofer Claude. Un an et demi plus tard, en décembre 2015, Accor a racheté pour 2,6 milliards d’euros le groupe d’hôtels de luxe FRHI (Fairmont, Raffles, Swissôtel), dont les premiers actionnaires étaient l’Arabie saoudite et le fonds souverain qatari QIA. À cette occasion, QIA est devenu le second actionnaire (à 10,2 %) d’Accor. À la suite de cette opération, Colony est sorti du capital du groupe, en cédant progressivement sa participation dans l’année qui a suivi. Sollicité par Mediapart, le groupe Accor indique que Nicolas Sarkozy n’a pas participé à cette opération, et qu’il n’y a « aucun lien entre l’entrée au capital de QIA et la cession des titres Accor détenus par Colony Capital ». L’actuel patron de Colony Europe, Nadra Moussalem, qui a « piloté la sortie du capital d’Accor », indique lui aussi que « cette sortie n’a pas de lien avec le deal FRHI ». En février 2017, juste après la sortie de Colony, Sébastien Bazin a nommé au conseil d’administration d’Accor le président du fonds souverain qatari Katara Hospitality, ainsi que Nicolas Sarkozy, qui touche 80 000 euros de jetons de présence par an. Le conseil a estimé à l’époque, dans le rapport annuel, que Me Sarkozy était un administrateur « indépendant » selon les critères du code de bonne gouvernance Afep/Medef, au motif que les honoraires versés par Accor pesaient « moins de 1 % du chiffre d’affaires du cabinet Claude & Sarkozy » (soit 55 000 euros en 2017) et que « Monsieur Sarkozy ne fournit lui-même aucune prestation de conseil juridique au groupe ». Selon les documents consultés par Mediapart, Me Sarkozy était pourtant renseigné, au moins jusqu’en 2016, comme le « responsable » du dossier Accor au sein du cabinet, assisté par Christofer Claude. Accor répond que la personne « en charge du dossier » était bien le fils d’Arnaud Claude, et que « c’est avec lui que les différents membres de la direction juridique ont toujours discuté des dossiers ». Nicolas Sarkozy et Christofer Claude n’ont pas répondu. Accor précise que le cabinet bénéficiait d’une convention de « fourniture de services de conseils » assortie d’un « montant forfaitaire annuel d’honoraires », à laquelle le groupe « a mis fin […] lors de l’entrée de Nicolas Sarkozy au conseil d’administration en février 2017 ». Accor ajoute avoir continué à travailler « occasionnellement » avec Claude & Sarkozy par la suite, dans des « conditions normales », et l’avoir mentionné dans son rapport annuel. Le groupe dit avoir confié au cabinet des « dossiers confidentiels » en matière de contentieux et d’urbanisme, pour des montants tout aussi « confidentiels », qui ne sont « pas significatifs » : « La mission la plus importante, en termes d’honoraires, confiée au cabinet Claude & Sarkozy a été le détachement [chez Accor] d’une collaboratrice du cabinet. » Accor a aussi soigné financièrement Pierre Sarkozy. Le groupe lui a commandé plusieurs prestations musicales pour sa chaîne haut de gamme Sofitel. En novembre 2011, Mosey a ambiancé la soirée célébrant les 10 ans du Sofitel de Hambourg. C’est aussi l’un des DJ des soirées « Les Nuits par Sofitel », lancées fin 2014. Mosey en a animé cinq depuis 2015 à Vienne, au Luxembourg, au Pavillon Cambon à Paris en février 2019, à l’occasion de la fashion week, ou encore le 19 février dernier à Mexico. En mai 2019, Accor annonçait avoir fait appel à DJ Mosey pour sélectionner les chansons de la bande-son « Sofitel Sound Signature », diffusée dans tous les établissements dans le cadre de la nouvelle campagne marketing mondiale de la marque. Le 24 septembre 2019, Pierre Sarkozy a aussi officié aux platines de la soirée parisienne « Dîners extraordinaires Sofitel », en compagnie du patron d’Accor Sébastien Bazin. Lequel régalait à l’hôtel d’Évreux, pour l’ouverture de la fashion week, une brochette de VIP dont les acteurs Andie MacDowell, Ludivine Sagnier et Laurent Lafitte. Pierre Sarkozy ne nous a pas répondu. Accor a refusé de nous communiquer le montant de sa rémunération, « conforme aux pratiques de marché ». Le groupe indique que le choix de faire appel à Mosey, « en sa qualité de DJ français reconnu », a « été fait directement par les équipes marketing en charge de l’organisation de ces événements ». Le point d’orgue de ces relations entre Sébastien Bazin, Nicolas Sarkozy, le Qatar et le PSG est intervenu en février 2019, lorsque Accor est devenu le nouveau sponsor maillot du club parisien, pour un montant estimé par la presse entre 50 et 60 millions d’euros annuels. L’opération a fait tiquer dans le monde du football, étant donné les liens anciens entre les protagonistes et le fait que le Qatar est à la fois le propriétaire du PSG et le deuxième actionnaire d’Accor. Ce contrat tombait en tout cas à pic pour le PSG, qui avait été contraint d’abandonner son partenariat aussi lucratif que surévalué avec l’Office de tourisme du Qatar, pour cause de soupçons de dopage financier (lire nos enquêtes ici et là). 3 - Me Sarkozy, Arnaud Lagardère et le Qatar Arnaud Lagardère est si proche de Nicolas Sarkozy qu’il le considère comme son « frère ». Cette amitié bien connue, qui dure depuis plus de trente ans, a été renforcée par un lien d’affaires et d’argent, beaucoup plus discret. Comme nous l’avions révélé, l’héritier de l’empire Lagardère a commencé à faire appel à l’avocat Sarkozy après le décès en 2003 de son père Jean-Luc, afin de l’aider à régler le conflit de succession avec sa belle-mère Betty. Selon nos informations, le premier dossier lié à Lagardère a été ouvert en février 2005 dans les fichiers du cabinet Claude & Sarkozy. À cette époque, Nicolas Sarkozy, président de l’UMP, vient de quitter son poste de ministre de l’économie (29 novembre 2004) et s’apprête à redevenir ministre de l’intérieur (le 2 juin 2005). Ce dossier, intitulé « Groupe Lagardère / Général », porte sur des questions de droit des sociétés. Le « responsable » en est Me Sarkozy, une nouvelle fois assisté du fils d’Arnaud Claude, Christofer. Arnaud Lagardère a confié, en 2005 et 2006, pas moins de six autres affaires au cabinet, gérées cette fois par Arnaud Claude : un dossier « social / général », des missions liées au « code d’éthique » et au « rapport annuel 2005 du groupe », ainsi que trois affaires immobilières. Cet afflux de dossiers s’est tari en 2007, l’année de l’élection de Nicolas Sarkozy à la présidence de la République. Son ami Arnaud Lagardère a des soucis : avec 7 % du capital, l’héritier est trop fragile. Déjà en 2006, il avait convaincu le Qatar de venir à son aide en prenant 6 %. Mais au printemps 2010, un investisseur activiste, Guy Wyser-Pratte, a tenté de casser la « commandite », le mécanisme juridique qui permet à Arnaud Lagardère de garder le contrôle. L’offensive a échoué, mais l’alerte était chaude. Lagardère doit verrouiller davantage le capital. Selon l’enquête publiée en 2013 par France Football, Nicolas Sarkozy aurait, lors du fameux déjeuner du 23 novembre 2010 à l’Élysée, demandé au prince héritier et actuel émir Tamim Al-Thani que le Qatar monte au capital du groupe Lagardère. En décembre 2010, un mois après le déjeuner, le fonds souverain qatari QIA monte à 7,6 % du capital. Un an plus tard, QIA augmente encore sa participation et devient en mars 2012 le premier actionnaire (à 12,8 %) de Lagardère (lire notre enquête ici). Dans la foulée, un membre du cabinet de Tamim Al-Thani entre au conseil d’administration de la branche sport du groupe. Arnaud Lagardère, grand fan de sport, ambitionnait à l’époque de la hisser parmi les leaders mondiaux du secteur. À peine battu à la présidentielle de mai 2012, Nicolas Sarkozy, redevenu avocat, a été embauché par le groupe Lagardère pour deux missions : un dossier « consultations sportives », ouvert fin juillet 2012, et un dossier « Groupe Lagardère / QIA » en octobre. Me Sarkozy en est le « responsable », avec Arnaud Claude pour « collaborateur ». Quelle a été la nature de ces missions ? Arnaud Lagardère a-t-il rémunéré Nicolas Sarkozy comme avocat pour le remercier d’avoir favorisé la montée du Qatar au capital de son groupe ? Nicolas Sarkozy, Arnaud Lagardère et Arnaud Claude n’ont pas répondu. La relation d’affaires s’est poursuivie. En juillet 2013, Arnaud Lagardère a embauché Me Sarkozy pour l’aider à négocier la vente à Vivendi de sa participation dans Canal+ France. Le groupe Lagardère a aussi confié jusqu’en 2016 plusieurs dossiers immobiliers au cabinet Claude & Sarkozy, gérés cette fois par Arnaud Claude. Très récemment, Arnaud Lagardère a de nouveau appelé Nicolas Sarkozy à l’aide en le nommant, le 27 février dernier, au conseil de surveillance de son groupe. L’opération ressemble beaucoup à celle de 2010. Lagardère est de nouveau attaqué par un fonds activiste, Amber Capital, devenu le premier actionnaire (à 13 %), devant QIA et Arnaud Lagardère (lire notre enquête ici). La mission de l’ancien président de la République était de dissuader l’assaillant, finalement repoussé, et de soigner les relations avec le Qatar, qui commençait à se lasser des mauvaises performances de l’héritier Lagardère. Le cours de Bourse a chuté de 46 % en deux ans. Tandis que la branche sport, qui intéressait tant le Qatar il y a dix ans, s’est soldée par un fiasco : Arnaud Lagardère a dû céder cette activité en décembre dernier pour 110 millions d’euros, après y avoir englouti 1 milliard. 4 - Vincent Bolloré, Me Sarkozy, le Qatar et les droits du foot Outre le rachat du PSG et la montée au capital du groupe Lagardère, Nicolas Sarkozy aurait, selon France Football, négocié en novembre 2010 une troisième contrepartie en lien avec le vote de Michel Platini en faveur de la candidature de Doha : la création par le Qatar d’une filiale française de la chaîne Al Jazeera Sport (aujourd’hui BeIN Sport) afin d’acheter des droits de la Ligue 1 et sauver les clubs français d’un désastre financier. Quatre ans plus tard, Nicolas Sarkozy est missionné au sujet du Qatar par le milliardaire Vincent Bolloré. Le milliardaire breton n'est pas concerné par le déjeuner de l’Élysée, mais veut empêcher BeIN de rafler les droits du foot à Canal+. En 2010, le chef de l’État avait été appelé à la rescousse par un « ami » : l’avocat Frédéric Thiriez, qui présidait à l’époque la Ligue de football professionnel (LFP). À la suite de la décision d’Orange de se retirer du foot, Canal+ risque de se retrouver seul en lice lors de l’appel d’offres des droits télé que la LFP va passer au printemps 2011. Les clubs français pourraient y perdre des dizaines de millions d’euros par an. C’est bien Nicolas Sarkozy qui a convaincu le Qatar de concurrencer Canal+. « Sur le dossier Al Jazeera et sur les droits télé, Sarkozy a fait ce qu’il fallait. Il a passé des coups de fil », a confié Thiriez en 2015 au magazine So Foot. Contacté par Mediapart, il n’a pas donné suite. Au printemps 2011, la chaîne Al Jazeera sport, contrôlée par l’État du Qatar, crée de toutes pièces une filiale en France et rafle une bonne part des droits de la Ligue 1 pour 162 millions annuels. Canal+ doit miser plus que prévu, et le montant total des droits reste stable, alors qu’une forte chute était anticipée. On a « évité une catastrophe », s’est félicité à l’époque Frédéric Thiriez. La chaîne cryptée a pris le choc de plein fouet. D’autant plus qu’Al Jazeera a aussi remporté, le 12 décembre 2011, l’essentiel des matches de la Ligue des champions. Le fonds souverain qatari QIA accentue la pression en achetant 1,5 % de Vivendi, maison mère de Canal+. Un autre prédateur entre au même moment chez Vivendi : Vincent Bolloré. Il s’apprête à recevoir 3 % du capital en échange de la vente au groupe de ses chaînes de télé. En attendant, il a acheté, fin février 2012, 1 % du capital. QIA est monté à 2 %. Sept mois plus tard, en septembre 2012, le groupe Bolloré confie deux missions à l’avocat Nicolas Sarkozy : un dossier « Bolloré / Général » et un second intitulé « Bolloré Media / Vivendi », Vivendi étant désigné comme l’« adversaire » de Bolloré dans le fichier du cabinet. Me Sarkozy en était le « responsable », assisté comme « collaborateur » par Arnaud Claude. S’agissait-il de convaincre le Qatar de ne pas contrarier les ambitions de Bolloré ? Vincent Bolloré, Nicolas Sarkozy et Arnaud Claude n’ont pas répondu. Bolloré réussit, avec seulement 5 % du capital (il en détient aujourd’hui 26 %), à prendre le pouvoir chez Vivendi. Le 26 novembre 2013, le groupe annonce que le milliardaire breton prendra, sept mois plus tard, la présidence du conseil de surveillance. Mais Vincent Bolloré est très inquiet pour Canal+. Un nouvel appel d’offres des droits du foot français est prévu au printemps 2014. Il suffirait d’un claquement de doigts de l’émir pour qu’Al Jazeera, devenue BeIN Sports, rafle tout et tue la chaîne cryptée. Vincent Bolloré veut neutraliser le Qatar. Cela a visiblement fonctionné. En avril 2014, Canal+ remporte les meilleures affiches de la Ligue 1 pour 540 millions d’euros par an. BeIN s’est montrée raisonnable, se contentant d’aligner 186 millions par an pour sept autres matches. Le numéro 2 de Canal, Rodolphe Belmer, exulte : « Four more years » (quatre ans de plus), écrit-il sur Twitter, en référence aux paroles de Barack Obama lors de sa réélection à la Maison Blanche. Comme l’ont révélé les journalistes Gérard Davet et Fabrice Lhomme dans leur livre Un président ne devrait pas dire ça…, Rodolphe Belmer et le patron de Canal+ Bertrand Meheut ont rencontré, juste avant l’appel d’offres, le président François Hollande, pour lui demander de faire pression sur l’émir du Qatar – ce qu’il a fait lors d’une conversation téléphonique. « On a sauvé Canal », raconte François Hollande dans le livre. Selon BFMTV, Vincent Bolloré a, en parallèle, établi « un autre canal » de communication avec le Qatar en passant par Nicolas Sarkozy. Or les documents que nous avons consultés montrent que le 25 juin 2014, le lendemain de la nomination de Vincent Bolloré à la présidence du conseil de Vivendi, le groupe Bolloré a confié à Me Sarkozy une mission au sujet de QIA, le fonds souverain du Qatar. L’ancien chef de l’État était le seul « responsable » de ce dossier intitulé « Bolloré/QIA », sans « collaborateur » pour l’assister. Vincent Bolloré est parvenu dans la foulée à négocier la paix des braves. En décembre 2014, QIA est sorti du capital de Vivendi. Et après de longues négociations, Canal+ annonçait en février 2016 avoir conclu un accord de distribution exclusive des chaînes sportives de BeIN. Le deal a été annulé par la suite par l’Autorité de la concurrence. Mais la guerre des droits du foot entre Vivendi et le Qatar est bel et bien terminée. https://www.mediapart.fr/journal/france/070620/mondial-2022-au-qatar-les-interets-personnels-de-sarkozy-au-coeur-de-l-enquete?utm_source=20200607&utm_medium=email&utm_campaign=ALERTE&utm_content=&utm_term=&xtor=EREC-83-[ALERTE]-20200607&M_BT=135393249294
  16. Maillot de l'AJAX reçu il est facile dans mon top 3 des plus maillots que j'ai les couleurs et le contraste sont superbes C'est de la très très bonne qualité, le patch AJAX fait beaucoup moins cheap que sur d'autres maillots juste dommage que les 3 oiseaux ne soient pas brodés mais osef Adidas c'est du lourd , rien à redire
  17. Ramsey aurait appelé Arteta pour lui signaler qu'il serait prêt à jouer pour Arsenal avec diminution de salaire moi je prends perso
  18. Donc être fumeur peut permettre d'être catégorisé sous-citoyen? idem pour les obèses atteint du diabète suite à la Mal bouffe? parce que là c'est la même chose pour les non-vaccinés qui prenne le risque d'être plus gravement malade que les autres hein et qualifié de SOUS CITOYEN ? ; alors les impôts? le droit de vote? la nationalité? le bénévolat si ils en font? etc etc ... La liberté c'est de choisir. Si je ne peux pas faire du 200 avec ma voiture bah je prends le train / l'avion . C'est d'ailleurs le fondement du libéralisme de nos sociétés contemporaines ... la concurrence pour avoir le choix. Concernant l'obligation vaccinale des plus jeunes là dessus tu as raison, mais il y a un recul conséquent en terme d'année, le cas présent ici se compte en mois. Mais le problème des gens que je rencontre fait surtout apparaitre le sentiment de défiance envers les institutions bien au delà de l'argument sanitaire. Enfin sur le système de santé la promesse des 15 000 lits de réanimation n'a jamais vue le jour ; 6000 pour la France depuis 2019 sous prétexte économique et c'est justement ça le malaise aujourd'hui, voir la 6éme puissance économique mondiale en terme de PIB être incapable de faire le nécessaire ; Les soignants (obligation d'être vaccinés donc) qui présentent des symptômes de COVID doivent désormais continuer à soigner ... https://www.letelegramme.fr/dossiers/nos-reponses-a-vos-questions-sur-la-rentree-sous-omicron/pourquoi-des-soignants-positifs-a-la-covid-peuvent-ils-continuer-a-travailler-et-sous-quelles-conditions-03-01-2022-12899254.php donc ça blâme les non vaccinés face aux vagues pour justifier l'injustifiable ... franchement ok il peut y avoir un débat mais qualifier les non vaccinés de sous citoyen de la part d'un président ; c'est oublier d'où vient son poste, sa rémunération, le prestige de son institution . C'est une faute grave ... après venant d'un banquier, est ce surprenant?
  19. C'est même plus une question de santé ... avec le raisonnement de Macron ; on peut pousser au bout : - J'* Les fumeurs ; vos cancers ... - J'* les droguer; vos problèmes - J'* les alcooliques ;vos ciroses - J'* les chômeurs, vos manques d'efforts (ah mince c'est déjà fait "traverser la rue pour trouver un taf" ... ) ça fait un paquet de sous-citoyens ... etc etc.. la liberté fait que chacun peut encore décider de ce qu'il doit injecter dans son corps ou non , n'en déplaise à Macron ... derrière il y a surtout le problème du manque de moyens des hôpitaux, générés par les politiques d'austérité depuis 20 ans
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