Bonjour à tous,
Ceci est la dernière fois que je vais critiquer Ødegaard sur ce forum. Je pense sincèrement que c’est le joueur que j’ai le plus critiqué durant les vingt années où j’ai supporté Arsenal. Cette critique ne vient pas de nulle part.
À vrai dire, entre 2020 et 2022, Ødegaard était mon joueur préféré à Arsenal. J’avais pour lui un espoir indescriptible, et la saison 2022/23 devait, selon moi, être l’année de l’apothéose : celle où Ødegaard nous ferait gagner notre premier trophée. Mais cela n’a pas été le cas.
Je vous avoue aujourd’hui penser qu’il est la principale raison pour laquelle nous n’avons pas été couronnés lors des trois dernières saisons. Je vais tenter d’en faire la démonstration. Je n’aime pas cet exercice, mais il reste encore des supporters qui voient en lui un joueur qu’il n’est pas réellement. À la limite, cela m’importe peu.
Ce qui m’énerve particulièrement, en revanche, c’est le fait de privilégier son retour à tout prix plutôt que d’envisager de le mettre de côté lorsque c’est nécessaire. Arsenal pourrait encore en payer le prix cette saison, avec une nouvelle saison blanche et voici pourquoi :
Disclaimer :
Mon métier gravite autour de la data, et mon analyse est donc volontairement data-centric. Pour ceux qui estiment, avec une certaine arrogance, que le football ne peut pas être analysé à travers la data, je vous invite simplement à ne pas lire ce post. Merci.☺️
2022-23 : STATISTIQUES
J'ai repris ses stats chaque match de la saisons 2022/23 et voici ce qu'il en ressort.
Lorsque nous perdons, comment est ce que Odegaard se comporte ?
04/09/22 Manchester Utd, 27/10/22 PSV, 27/01/23 Manchester City, 04/02/23 Everton, 15/02/23 Manchester City,
Well c'est assez flagrant lors de sa fameuse saison prime le CONSTAT est ACCABLANT : 0 but, 0 passe décisive dans TOUTES les défaites que nous avons subbit.
Tirs cadrés:
Sur plusieurs matchs joués quasiment en intégralité, les statistiques de tirs d’Ødegaard sont trop faibles, il a zéro tir ou zéro tir cadré sur 90 minutes, y compris contre des adversaires majeurs, traduit une absence de danger direct dans les zones décisives à répétition.
Pour un joueur censé être au cœur de l’animation offensive, ce manque d’initiative devant le but est problématique. Même lorsque l’équipe gagne ou domine, son influence reste limitée à la circulation du ballon, sans réelle menace pour l’adversaire, concrétemet dans des contextes favorables par exemples la victoire 3-2 contre UTD, ou le 0-0 contre newcastle Odegaard n'a rien tenté.
Au final, les chiffres parlent d'eux-mêmes et ils sont difficiles à ignorer. Sur une série de matchs à enjeu, Ødegaard joue quasiment l'intégralité des rencontres mais ne tire pas, ne cadre pas, ne pèse pas. Pour un numéro 10 censé être le cœur de l'animation offensive, c'est un problème.
On ne parle pas d'un remplaçant qu'on fait entrer à la 80e, on parle du capitaine, du joueur autour duquel tout est construit. Et pourtant, quand le niveau monte, il s'efface. Il y a un fossé entre ce qu'on attend de lui, le temps de jeu qu'on lui accorde, et ce qu'il produit réellement quand ça compte. Ça pose forcément une question : est-ce vraiment l'homme de la situation quand l'enjeu est là ?
Statistiques défensives / sans ballon
il est incontestablement l'un des meilleurs millieu du monde dans ce domaine, dans la pessions dans le dernier tiers par 90 minutes. stats sont sans équivoque, il est peut être le meilleur joueur du monde dans cet exercice, dans la récupérations de balle dans le dernier tiers aussi (46 – plus haut total de Premier League). ça confirme une chose que nous avions tous remarqué lors de la saison 2022-23, en terme de jeu sans ballon il était le meilleur du monde surtout dans le dernier tiers.
Statistiques de passes et de qualité technique
Le taux de passes réussies très élevé (84,8 %, 97e percentile) combiné au volume de passes en profondeur réussies confirme une conclusion évoquée plus haut : dans la circulation du ballon et la gestion du jeu dans le dernier tiers, Ødegaard a fait partie des références du championnat, voire l’un des meilleurs à ce poste.
GOALS
D’après OPTA, ses 15 buts proviennent de seulement 9,93 xG. On peut donc en conclure qu’il a surperformé son xG de manière très significative. La vraie question était alors de savoir s’il serait capable de maintenir ce niveau d’efficacité dans le temps comme un élément stable de son jeu.
La réponse, nous la connaissons tous : il n’y est pas parvenu. Dès lors, la saison 2022-23 doit être considérée comme une anomalie statistique plutôt que comme une norme dans le jeu de notre capitaine. Beaucoup d’entre vous prennent cette saison comme une référence pour juger Ødegaard. Or, ce n’est pas le cas.
Il s’agit d’une saison exceptionnelle, pas d’un standard reproductible. Même au regard des statistiques avancées, il n’aurait pas dû marquer autant. Il a été extrêmement efficace, certes, mais cette efficacité n’est pas soutenable dans le temps.
Défensivement
Défensivement, il faut être hyper nuancé.
Oui, Ødegaard presse énormément. Oui, il récupère des ballons très haut sur le terrain.
Mais cette activité défensive doit être remise dans son contexte. Elle relève davantage du pressing collectif et de l’intensité sans ballon que d’un réel apport défensif individuel.
Lorsqu’on parle de défense pure du genre les tacles les duels l'impact physique, les chiffres sont sans appel : Ødegaard est très en dessous des standards. Il tacle peu, gagne peu de duels et souffre énormément dès que le match devient physique. Ce n’est pas une question d’envie, mais de profil. Il manque de puissance, d’agressivité dans le contact surtout quand il fait sempblant de mettre le pieds et qu'il le retire à la dernière seconde (je deviens fou quand il fait ça mais passons...)
ça crée un déséquilibre, il court beaucoup, presse beaucoup, mais ne sécurise pas. Dans les matchs à haute intensité, cette faiblesse devient un problème collectif, car elle oblige ses partenaires à compenser, notamment dans l’axe avec declan notamment.
2023-24 : STATISTIQUES
Impact dans les défaites
Si l’on isole uniquement les matchs perdus en 2023-24, le constat est brutal. Ødegaard est présent quasiment du début à la fin de chaque rencontre, avec un temps de jeu compris entre 78 et 90 minutes, mais son apport décisif est nul. Dans les quatre défaites de Premier League, il termine systématiquement avec zéro but et zéro passe décisive. Le schéma observé en 2022-23 se répète donc à l’identique : lorsque l’équipe perd, notre capitaine ne pèse pas.
Ce point est d’autant plus critique que certaines de ces défaites sont directement liées à la course au titre. Les deux revers face à Aston Villa, en décembre puis en avril, sont des matchs à très fort enjeu. Arsenal y laisse des points décisifs et, dans ces deux rencontres, Ødegaard est totalement absent sur le plan offensif. Nénamoins ses stats en terme de circulation du ballon sont bonnes... Mais je ne vais pas m'attarder dessus.
Performances dans les matchs à enjeu élevé
En Ligue des champions, le constat est tout aussi préoccupant. Contre Porto puis contre le Bayern Munich, il dispute l’intégralité des rencontres sans aucune contribution directe.
Le quart de finale contre le Bayern, première fois depuis 10 ans qu'on arrive à ce stade de la compétition orr, dans ce contexte maximal, il ne parvient ni à créer ni à faire la différence.
Ces matchs confirment une tendance lourde : plus le niveau de l’adversaire est élevé, plus l’influence frodegaard diminue.
Big 6 et matchs décisifs en championnat
Face aux équipes du Big 6, la tendance se confirme. Sa seule prestation réellement décisive intervient lors du 5-0 contre Chelsea à domicile, encore une fois dans un match totalement déséquilibré. En revanche, lors des rencontres clés et serrées, comme le 0-0 à l’Etihad face à Manchester City, Ødegaard ne fait rien.
Sur l’ensemble de ces confrontations, son impact reste intermittent et largement conditionné au scénario du match.
Ma conclusion sur les 2 saisons référence de notre capitaine
À partir de là, il devient difficile de continuer à parler de « saisons référence » pour Ødegaard. Sur deux exercices consécutifs, le même schéma se répète : une production statistique flatteuse en surface, mais largement conditionnée au scénario des matchs. Quand Arsenal domine, écrase son adversaire et joue sans pression, Ødegaard est visible, impliqué, décisif. Mais dès que le rapport de force s’équilibre, que l’enjeu monte ou que l’équipe est en difficulté, son influence disparaît presque systématiquement.
Une saison de référence ne se mesure pas uniquement au total de buts ou de passes décisives. Elle se mesure à la capacité d’un joueur à faire la différence dans les matchs serrés, à répondre présent dans les défaites, à assumer son rôle dans les moments où tout peut basculer. Or, sur 2022-23 comme sur 2023-24, Ødegaard échoue précisément dans ces contextes-là.
Ce que beaucoup prennent pour une norme est en réalité une illusion créée par des performances concentrées dans des matchs à sens unique. Les chiffres, replacés dans leur contexte, racontent une autre histoire : celle d’un joueur très utile dans un système dominant, mais incapable de porter une équipe quand le niveau s’élève. Dès lors, parler de saisons référence relève plus du narratif que de l’analyse.