LES ROONEY ET FABREGAS DEPENDANCES
Bien que l'intéressé s'en défende, Manchester United souffre bel et bien d'une Rooney dépendance. Le départ l'été dernier de Cristiano Ronaldo a davantage responsabilisé l'ancien prodige d'Everton, bien seul aux avant-postes. Cette saison, ses stats sont affolantes. Ce renard des surfaces (il n'a jamais marqué en dehors) a claqué 19 buts en 22 matches, soit 36 % des buts de son équipe. Il est meilleur scoreur du Championnat. Berbatov (7) et Valencia (5) ne lui arrivent pas à la cheville. Fergie doit prier chaque jour pour que le héros d'Old Trafford ne se blesse pas. Dans l'autre camp, c'est sensiblement la même chose avec Fabregas, le génie d'Arsenal. Un peu plus fragile, le milieu espagnol a planté 11 buts en 18 matches et Arsenal détient actuellement la meilleure attaque du Championnat avec 59 buts inscrits. Si les Canonniers poursuivent sur ce rythme, ils battront alors le record de buts marqués en Premier League sur une saison. A contrario de MU, Arsenal peut se permettre de ne pas s'appuyer que sur Fabregas. Chez les Gunners, tout le monde ou presque est susceptible de marquer, ou de faire marquer. Outre Gallas et Vermaelen (voir plus bas), Arshavin, Diaby, Eduardo, Rosicky, Ramsey, Denilson et Nasri sont autant de solutions fiables à l'approche de la surface.
DES DEFENSES PLUS OU MOINS STABLES
Les défenses d'Arsenal et de Manchester ne sont pas à un paradoxe près. Celle des Red Devils est la moins perméable de Premier League avec seulement 18 buts encaissés en 22 journées. Un petit exploit pour l'équipe d'Alex Ferguson qui souffre depuis le début de saison de l'absence ses deux titulaires en charnière centrale. Vidic (13 matches) et Ferdinand (6 matches), longtemps blessés, ont beaucoup manqué alors que van der Sar a lui aussi été aux abonnés absents cet automne. Si Brown et Evans tiennent la baraque, les deux gardiens remplaçants n'offrent pas les mêmes garanties. Chez les Gunners, c'est l'inverse qui prévaut. La défense londonienne encaisse plus de buts (25) mais Arsène Wenger peut se réjouir de la stabilité de sa défense centrale. Gallas et Vermaelen, huit buts à eux deux, ont joué tous les matches ensemble et l'intégration du Belge est une vraie satisfaction. Mais la révélation de la saison devrait manquer ce choc en raison d'une blessure au péroné contractée mercredi face à Aston Villa. Sol Campbell devrait former l'attelage avec le Français. L'Anglais a l'expérience de ces grands rendez-vous mais ni n'a plus le même niveau, sa vitesse faisant désormais défaut.
UN CHOC DE GENERATION
Manchester United est une équipe vieillissante qui a du mal à se renouveler. Ferguson ne veut pas se séparer des anciennes gloires du club Scholes, Giggs et Neville alors que van der Sar aura cette année 40 ans... Et les jeunes prometteurs d'hier n'ont pas confirmé toutes les attentes placées en eux. Nani, Anderson et dans une moindre mesure Obertan n'ont pas encore pris le volume de jeu espéré. Ils ne sont que très rarement titulaires. A Arsenal, le pari de la jeunesse est en train d'être gagné par un Wenger fidèle à ses idées. Intégré très jeune, Fabregas est le meilleur exemple de cette génération exceptionnelle, recruté au berceau. Les Gunners sont très jeunes mais désormais expérimentés. Walcott (20 ans), Denilson (21), Song (22), Diaby (23) ont enchaîné les matches et gagner leurs galons de titulaires en signant de grosses prestations. Ils ont gagné en maturité et sont désormais capables de rivaliser physiquement, tactiquement et mentalement. Sur ce dernier point, ils ont prouvé cette saison qu'ils étaient capables de renverser des montagnes. Des signes qui ne trompent pas. - David MICHEL
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